AccueilActualitéSecuritéAttaque à Maluku : couple tué à la machette, B52 refait surface

Attaque à Maluku : couple tué à la machette, B52 refait surface

Un couple a été sauvagement assassiné à coups de machette, mardi matin, sur la ferme Ndaku ya Pembe, située le long de la route nationale numéro 1, dans la commune de Maluku, à l’est de Kinshasa. L’attaque, d’une rare violence, a également fait un blessé grave, un jeune homme touché à la tête et évacué d’urgence par les Forces armées de la RDC.

L’information a été confirmée par la onzième région militaire, qui pointe du doigt des assaillants réfractaires au processus de désarmement. Ces individus, restés fidèles à leur chef de guerre, surnommé B52 – actuellement derrière les barreaux –, ont semé la terreur en pleine matinée, ravivant le spectre d’une insécurité persistante aux portes de la capitale.

Selon les témoignages recueillis, les victimes, un couple sans défense, ont été massacrées à l’arme blanche. Pourquoi une telle barbarie cible-t-elle des civils dans une zone censée être pacifiée ? La question taraude les esprits. Le jeune homme blessé à la tête a pu être sauvé grâce à l’intervention rapide des FARDC, déployées dans le cadre des opérations Ngemba. Transporté vers une structure médicale, son état reste critique.

Le capitaine Antony Mualushayi, porte-parole de ces opérations, a indiqué que des patrouilles de combat se poursuivent activement pour traquer les fuyards. « Un calme précaire règne dans la zone », a-t-il déclaré, tout en appelant à la vigilance. Les forces de sécurité sont déterminées à mettre la main sur les auteurs de cette attaque qui menace directement la sécurité de Kinshasa.

Cette incursion armée survient plus de deux mois après une série de redditions qui laissaient espérer une accalmie. En effet, les miliciens Mobondo, longtemps actifs dans les provinces voisines du Maï-Ndombe et du Kwango, avaient déposé les armes en nombre, notamment à Maluku, à Kwamouth, ainsi que dans les territoires de Popokabaka et de Kenge. Ces ralliements massifs, encadrés par le gouvernement, avaient même conduit à la dissolution officielle du mouvement Mobondo, proclamée par son fondateur, Sadam alias Faux Yaya, à l’issue d’une mission de pacification menée par le ministre délégué à la Défense chargé des Anciens combattants.

Quelque 600 ex-miliciens avaient été transférés au centre de formation du Service national à Kaniama Kasese, symbolisant l’espoir d’une réinsertion durable. Pourtant, l’attaque à Maluku démontre que des poches de résistance subsistent. Les fidèles du chef B52, dont le nom est synonyme de terreur dans la région, n’auraient jamais accepté les accords de paix. Leur réapparition brutale soulève de vives inquiétudes quant à la stabilité sécuritaire aux abords de Kinshasa.

La sécurité de la capitale congolaise est-elle à nouveau menacée par ces groupes armés résiduels ? Les autorités militaires assurent contrôler la situation, mais l’incident de mardi révèle les fragilités d’un processus de désarmement inachevé. Les patrouilles des FARDC sillonnent les zones sensibles, tandis que la population de Maluku vit dans l’angoisse d’une nouvelle flambée de violence. La machette, instrument de mort utilisé par les assaillants, rappelle les heures sanglantes des exactions Mobondo qui ont déjà endeuillé la région.

Le contexte actuel impose une réflexion sur l’efficacité des mesures de pacification. Le ministre délégué à la Défense, artisan des redditions, peut-il encore garantir la protection des civils après cet assassinat ? Les enquêtes menées tenteront de déterminer si les assaillants ont agi en représailles ou dans le cadre d’une stratégie de déstabilisation plus large. En attendant, le calme précaire évoqué par les militaires ne rassure guère les habitants, qui redoutent de nouvelles attaques.

La onzième région militaire continue de mobiliser ses effectifs pour éviter une contagion. Les rivalités foncières, souvent à l’origine des violences dans le Grand Bandundu et la périphérie de Kinshasa, pourraient ressurgir si les irréductibles de B52 ne sont pas neutralisés. La sécurisation de la RN1, artère vitale pour la capitale, constitue un enjeu majeur.

Cette attaque rappelle cruellement que la paix reste fragile. Les images de miliciens déposant armes et uniformes, largement relayées il y a deux mois, contrastent avec la réalité d’un terrain où la violence peut frapper à tout moment. Les autorités doivent-elles revoir leur stratégie de pacification face à ces résistances ? En attendant des réponses, le sang versé ce mardi matin à Maluku nous oblige à regarder la vérité en face : la menace Mobondo, bien que dispersée, n’est pas éteinte. Et la sécurité de Kinshasa demeure suspendue aux efforts de traque des hommes armés qui défient l’État jusque dans ses retranchements suburbains.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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