Mardi 12 mai, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont fait leur entrée dans la localité de Luvungi, située en territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Ce déploiement intervient après le retrait, sans combat, des éléments de l’AFC/M23 et de leurs supplétifs qui occupaient les lieux depuis plusieurs mois. Une page se tourne pour cette bourgade de la plaine de la Ruzizi, longtemps sous emprise rebelle.
Le mouvement des troupes ne s’est pas limité à Luvungi. Le redéploiement s’est étendu le long de la route nationale numéro 5 (RN5), axe stratégique qui relie le Sud-Kivu au reste du pays. Les soldats loyalistes ont repris position à Sange, Kabunambo, Nyakabere, Mutarule, Luberizi et Bwegera. Ces localités, abandonnées successivement par les rebelles, repassent sous contrôle de l’armée nationale.
Le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, porte-parole des opérations Sokola 2 Sud, a confirmé que l’entrée dans Luvungi a eu lieu en début d’après-midi, marquant la fin de l’occupation par des troupes étrangères et leurs supplétifs. Selon lui, le retrait des éléments rwandais, du M23, du groupe Twirwaneho et des rebelles burundais RED-Tabara s’est fait sans accrochage. Une avancée majeure attribuée à la combinaison des pressions militaire et diplomatique menée par le chef de l’État.
Si le retour des FARDC s’est opéré sans effusion de sang, le bilan humain et matériel reste préoccupant. Dans plusieurs zones abandonnées, la population dénonce des pillages, des saccages et des actes de vandalisme perpétrés par les combattants avant leur départ. À Sange comme à Luvungi, des maisons ont été vidées, des commerces saccagés. Des exactions qui rappellent le lourd tribut payé par les civils durant les mois d’occupation.
Désormais, un frêle espoir renaît. La reprise de contrôle par l’armée régulière laisse entrevoir une possible stabilisation de la zone. Les habitants, longtemps pris en étau, plaident pour une sécurisation durable de la plaine de la Ruzizi, poumon économique de la région. La reprise des activités socio-économiques, entravées par l’insécurité, est désormais conditionnée à une présence militaire efficace et à la neutralisation complète des poches de rébellion.
La page est-elle vraiment tournée ? La population reste prudente. Les déplacements de rebelles, souvent sans combat, peuvent n’être que des replis tactiques. Les FARDC assurent que le redéploiement se poursuit et que la traque des éléments hostiles continuera. L’armée appelle les communautés à collaborer en signalant tout mouvement suspect. Une nécessaire vigilance, à l’heure où la province du Sud-Kivu tente de panser ses plaies.
Le retour des forces gouvernementales dans Luvungi et ses environs s’inscrit dans une dynamique plus large de reconquête des territoires sous emprise rebelle. Les opérations Sokola 2 Sud se poursuivent. Les autorités militaires se veulent rassurantes : le verrou de la RN5 est désormais tenu, et les populations peuvent espérer un retour à une vie normale. Reste à transformer l’essai sur le terrain, entre présence armée et reconstruction du lien de confiance.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
