Ce lundi, dans une salle où flottait un parfum d’électrochoc, Veron Mosengo Omba a officiellement jeté les gants dans l’arène de la FECOFA. Une entrée fracassante, portée par une phrase qui claque comme un coup de sifflet dans le silence : « Je suis prêt à être ridicule. » Un aveu ? Non, une déclaration de guerre contre l’immobilisme qui gangrène le football congolais.
L’ancien secrétaire général de la CAF, candidat à la présidence de la Fédération congolaise de football, a lancé sa campagne FECOFA avec une offensive aussi brutale qu’assumée. Son programme ? « Refonder pour structurer, structurer pour gagner. » Un mantra de bâtisseur, pas de magicien. Mosengo Omba ne promet pas la lune ; il promet des fondations. « Pourquoi maintenant ? Pour servir mon pays », a-t-il martelé, les yeux plantés dans ceux de son auditoire. L’heure n’est plus aux bricolages, mais à une réforme football RDC digne de ce nom.
Face aux sceptiques qui lui reprochent un parcours trop international, le candidat a sorti l’artillerie lourde. « Notre condition de vie professionnelle ne doit pas être la raison d’un échec. Le Congo est un pays de talent », a-t-il riposté. Un uppercut à tous ceux qui voudraient réduire cette élection à un duel entre « expatriés » et « locaux ». Mosengo Omba se voit en symbole de mérite. « Montrer aux jeunes filles et garçons que si l’on travaille sérieusement, dans le respect du bien commun et avec intégrité, tout est possible », a-t-il ajouté, drapant sa candidature Mosengo Omba dans le manteau de l’exemplarité.
Et les dossiers judiciaires qui ont fait jaser ? Balayés d’un revers de main. « J’ai été blanchi par les instances compétentes et par la justice suisse », a-t-il tranché, net comme une lame. Pas de place pour l’ambiguïté : celui qui a longtemps bataillé dans les coulisses du football mondial veut imposer sa transparence comme un étendard.
Mais le cœur du réquisitoire de Mosengo Omba est ailleurs. Son constat est un uppercut : « Notre football ne manque pas de talents, ni d’histoire, mais de structures. » La sentence est tombée, limpide et cruelle. Sans structures, pas de continuité. Les championnats locaux se meurent, les jeunes pépites fuient vers l’étranger sans encadrement, et l’équipe nationale tangue au gré des humeurs. La potion magique de Mosengo Omba ? Un management structuré, calqué sur les modèles qui ont fait leurs preuves. Formateurs, centres de performance, compétitions stables : la liste des chantiers est longue, et l’ancien caïd de la CAF promet de ne pas chômer. L’idée est radicale : avant de rêver de Coupe du Monde, il faut refonder le moule. Osera-t-il bousculer les barons du football congolais ? Lui seul le sait.
La campagne s’annonce néanmoins sous haute tension. Les rumeurs bruissent déjà : accointances avec des réseaux influents, processus électoral contesté, manœuvres de coulisses. Les défenseurs du statu quo ne resteront pas les bras croisés. On prépare déjà les arguments pour contrer ce profil qui dérange. Veron Mosengo Omba a-t-il conscience de la tempête à venir ? Son calme olympien laisse penser que oui. « Le haut niveau m’a permis de porter et de promouvoir la RDC dans le secteur du football », a-t-il rappelé, comme pour sortir un dernier atout de sa manche.
Une question brûle désormais les lèvres des observateurs : le football congolais est-il prêt pour une telle révolution ? La candidature Mosengo Omba incarne un espoir de rupture, mais le chemin jusqu’au trône est miné. L’heure n’est plus aux discours, mais aux urnes. La FECOFA va-t-elle saisir cette main tendue, ou continuer à s’enliser dans les sables mouvants du passé ? Réponse dans les prochaines semaines.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
