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Lualaba : attaque armée tue un Chinois à Kisanfu-Kisankala

Un ressortissant chinois a perdu la vie et son chauffeur congolais a été blessé lors d’une attaque armée survenue jeudi dernier sur l’axe Kisanfu-Kisankala, dans la province du Lualaba. Cette nouvelle incursion meurtrière fait suite à au moins deux autres agressions du même type enregistrées en mars, selon l’ONG locale Eben Ezer.

La succession de ces actes de violence cible de manière quasi systématique les opérateurs miniers chinois qui empruntent ce tronçon routier stratégique, reliant plusieurs sites d’exploitation. La recrudescence des attaques armées contre les mineurs chinois dans le Lualaba interroge sur l’état de la sécurité dans cette zone minière.

Mexa Mukanya, coordonnateur de l’ONG Eben Ezer, a livré un récit glaçant des trois incidents. Selon lui, la première attaque avait vu les assaillants tirer deux coups de feu en l’air, provoquant la fuite des Chinois et de leurs chauffeurs. « La deuxième attaque, les Chinois ont été kidnappés. Une somme de 65 millions de francs congolais et 3 000 dollars ont été emportés, ainsi que des appareils et des téléphones », a-t-il détaillé. La troisième, survenue jeudi, a été marquée par l’assassinat d’un ressortissant chinois.

Ce dernier drame a pris la forme d’une exécution par balle, le chauffeur congolais ayant quant à lui été grièvement blessé. Les assaillants ont pris la fuite, laissant derrière eux un bilan macabre et le sentiment amer d’une insécurité galopante dans cette partie du territoire.

Ces événements illustrent de manière brutale la dégradation continue de la sécurité le long de l’axe Kisankala-Kisanfu. Les opérateurs miniers chinois, présents en grand nombre dans la région pour leurs activités extractives, sont devenus des cibles privilégiées. Comment expliquer une telle impunité dans une zone pourtant stratégique pour l’économie de la province ?

L’ONG Eben Ezer pointe du doigt le manque criant de moyens dont disposent les forces de police locales. « Nous avons la police ici localement, mais elle n’est pas dotée de moyens nécessaires. Lorsqu’on alerte sur une situation d’insécurité, dépêcher une intervention urgente pose problème », a insisté Mexa Mukanya. Un constat amer qui résonne comme un appel au secours en direction des autorités compétentes.

L’absence d’équipements adéquats, de véhicules et de moyens de communication entrave toute réponse rapide face aux excursions des groupes armés qui écument cette portion de la route nationale. Par conséquent, les criminels opèrent en toute impunité, sachant que les secours mettront du temps à arriver.

Face à cette escalade, l’ONG Eben Ezer exhorte les gouvernements provincial et national à prendre des mesures concrètes pour rétablir l’ordre. Dotations logistiques, renforcement des effectifs sur cet axe névralgique, patrouilles mixtes : autant de pistes qui permettraient de rassurer les opérateurs économiques et de rétablir un climat de confiance indispensable à la poursuite des activités minières.

Pour l’heure, les autorités politico-administratives et sécuritaires de la province du Lualaba n’ont pas réagi à notre sollicitation. Ce silence officiel contraste avec l’urgence ressentie sur le terrain, où chaque jour qui passe accroît la peur des travailleurs.

La question demeure : combien de vies faudra-t-il encore sacrifier avant que des actions de sécurisation ne soient véritablement entreprises ? L’économie minière, pilier du développement local, ne pourra prospérer dans un climat de terreur. Les opérateurs chinois, à l’instar des autres investisseurs, méritent une protection à la hauteur des enjeux.

Il est impératif que les services de sécurité soient dotés de moyens suffisants pour mener des interventions rapides et efficaces. La série d’attaques armées contre les mineurs chinois dans le Lualaba pourrait, si elle persiste, décourager les investissements étrangers et fragiliser davantage une région déjà éprouvée par d’autres défis.

L’alerte lancée par l’ONG Eben Ezer ne saurait rester lettre morte. Chaque jour d’inaction expose les conducteurs, les passagers et les communautés locales à des risques de plus en plus élevés. La sécurité sur l’axe Kisanfu-Kisankala est un test pour la crédibilité de l’État dans le Lualaba.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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