La capitale congolaise est-elle en train de retrouver son calme précaire ? Ce vendredi 8 mai, une réunion de sécurité à Kinshasa, de la plus haute importance, s’est tenue sous la houlette du gouverneur de la ville, Daniel Bumba. Une mobilisation au sommet qui en dit long sur la pression pesant sur les épaules des autorités urbaines.
Le comité provincial de sécurité a été convoqué d’urgence. Son objectif : ausculter la situation sécuritaire dans la mégalopole, une situation mise à rude épreuve ces dernières semaines. Les échanges ont été francs, directs. L’heure n’était plus aux discours mais à l’évaluation clinique des faits. Les cas de braquages à Kinshasa, les enlèvements crapuleux et le spectre du banditisme urbain ont été passés au crible. Une radiographie complète d’une ville sous tension.
De cette réunion de sécurité à Kinshasa, une certitude a émergé : le pire a été évité. Le comité provincial de sécurité a livré un message de fermeté teinté d’un optimisme mesuré. La situation est décrite comme « relativement calme » et « sous contrôle ». Des mots choisis avec soin pour rassurer une population kinoise échaudée par une série d’actes criminels qui ont endeuillé des quartiers entiers. L’autorité de l’État, mise à mal, est en passe d’être pleinement restaurée, promet-on de source officielle. Toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour garantir la quiétude des habitants, a martelé le gouverneur Daniel Bumba.
La promesse s’accompagne d’actions tangibles. L’incident tragique survenu dans la soirée du 8 mai sur l’avenue Saïo en est l’illustration la plus brutale. Un ancien militaire, citoyen kinois, y a perdu la vie lors d’un acte criminel. La réplique des forces de l’ordre ne s’est pas fait attendre. La situation a été rapidement maîtrisée et l’un des présumés auteurs a été interpellé. Une arrestation qui n’est qu’une première étape. Les opérations se poursuivent activement pour traquer ses complices. La chasse à l’homme est lancée.
Au-delà de la réaction immédiate, la stratégie sécuritaire se veut durable. Le comité provincial de sécurité a annoncé un renforcement des mesures dissuasives pour un site sensible : Pakadjuma. Toute tentative de réoccupation de cette zone, après le déguerpissement de ses occupants, sera empêchée. Un bras de fer s’engage pour empêcher ce point chaud de redevenir un sanctuaire de la criminalité.
Le gouverneur Daniel Bumba, en chef de guerre contre l’insécurité, a donné des instructions fermes. Les services compétents sont chargés d’intensifier, sans délai, les opérations de sécurisation à travers toute la ville. L’objectif est limpide : renforcer durablement la protection des personnes et de leurs biens. Un défi colossal pour une métropole de plus de 15 millions d’âmes, où les inégalités et les zones d’ombre offrent un terreau fertile au banditisme urbain à Kinshasa.
Comment maintenir un tel état de grâce sécuritaire dans la durée ? La question reste posée. Si la réunion de ce jour marque un tournant dans la détermination affichée, le véritable test résidera dans l’application implacable sur le terrain des mesures promises. Les Kinois, eux, ne demandent qu’à voir. Leur soif de sécurité est immense et la patience a ses limites.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
