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RDC-Rwanda : le Congrès américain muscle les sanctions avec le STABLE DRC Act

La Chambre des représentants des États-Unis examine depuis le 7 mai 2026 une proposition de loi qui pourrait redessiner la pression diplomatique sur le conflit à l’est de la République démocratique du Congo. Baptisé « STABLE DRC Act », ce texte – enregistré sous le numéro H.R. 8704 – vise à offrir à l’administration américaine un arsenal élargi de sanctions contre toute personne ou entité accusée de saper la mise en œuvre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité.

Signés le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda, ces accords engageaient les deux États à respecter mutuellement leur souveraineté et à s’abstenir de toute action hostile. Pourtant, un an et demi plus tard, les violences persistent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le représentant démocrate du Maryland, Johnny Olszewski, à l’origine du projet, entend combler ce que Washington qualifie d’« impunité chronique ».

Le texte du Congrès reprend sans détour les accusations déjà formulées par l’exécutif américain. D’un côté, il affirme que les Forces de défense rwandaises ont fourni un « soutien militaire durable » à la rébellion du M23. De l’autre, il pointe la persistance des forces armées congolaises à collaborer avec les FDLR, un groupe armé dont les fondateurs ont participé au génocide rwandais de 1994. Ces accusations mutuelles, estiment les parlementaires, alimentent un cycle de crimes de guerre : recrutement forcé d’enfants, viols, exécutions sommaires et nettoyage ethnique. Face à ces atrocités, la question se pose : les mots suffiront-ils à endiguer la spirale de violence ?

Concrètement, le STABLE DRC Act donne au président américain l’autorité nécessaire pour sanctionner toute « personne étrangère » impliquée dans la violation délibérée des Accords de Washington. Aucun nom n’est cité dans le texte, ce qui offre une grande latitude d’action. Les mesures envisagées sont classiques mais redoutables : gel des avoirs détenus aux États-Unis, interdiction de transactions avec des entreprises américaines, annulation des visas et refus d’entrée sur le territoire. Plusieurs exceptions viennent toutefois tempérer cette fermeté. Les opérations humanitaires – acheminement de nourriture, de médicaments – ainsi que certaines activités liées aux Nations unies ou à la sécurité nationale américaine seraient exclues du champ des sanctions.

Cette initiative parlementaire ne tombe pas dans un vide diplomatique. Elle intervient après les sanctions ciblées annoncées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) : d’abord contre les Forces de défense rwandaises en mars 2026, puis contre l’ancien président congolais Joseph Kabila le 30 avril dernier. Pour l’organisation Action for Congo, qui a salué le dépôt du texte, cette escalade législative marque un « tournant » dans la lutte contre l’impunité. L’organisation y voit la confirmation que le drame congolais n’est plus un conflit ignoré des grandes puissances, mais un enjeu stratégique pour les États-Unis en Afrique centrale.

Le STABLE DRC Act doit désormais franchir un long parcours parlementaire : examen en commission, vote à la Chambre, passage au Sénat, puis promulgation présidentielle. Son avenir reste incertain, mais son existence même montre que les Accords de Washington ne sont pas un simple chiffon de papier. Alors que les regards se tournent vers les prochaines échéances législatives, une interrogation demeure : la menace de sanctions renforcées suffira-t-elle à ramener Kigali et Kinshasa à la table des négociations, ou ne fera-t-elle qu’exacerber les tensions régionales ?

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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