« Chaque jour, chaque femme peut contribuer à la résolution de ces crises. » Ces mots, prononcés par Di Martina BeriNew, spécialiste genre de la MONUSCO, résonnent comme un appel pressant dans une RDC meurtrie par des décennies de conflits. À Kinshasa, lors d’un colloque récent, la question du rôle des femmes dans la paix en RDC a été brutalement posée : pourquoi continue-t-on de les marginaliser dans les processus de décision ?
L’événement, intitulé « Efforts des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix, la cohésion sociale et la promotion d’une nouvelle citoyenneté », a rassemblé activistes, experts et citoyens ordinaires. Organisé par la Fondation Calixte Munana et Youth Action for Development and Peace, avec l’Ambassade de la jeunesse congolaise, ce colloque femmes jeunes paix Kinshasa a mis en lumière un paradoxe : ceux qui subissent le plus les violences sont aussi les grands absents des solutions.
Di Martina BeriNew a formulé des recommandations MONUSCO genre sans équivoque. « Il est essentiel d’intégrer les femmes et les jeunes dans les mécanismes de prévention des conflits, mais aussi dans les initiatives qui favorisent le vivre-ensemble », a-t-elle insisté. Derrière ce discours technique, une réalité humaine : dans les villages de l’Est, des mères négocient chaque jour des trêves informelles entre milices, sans jamais être invitées aux tables officielles de paix. Comment espérer une paix durable quand on écarte la moitié de la population ?
Carbone Béni, activiste pro-démocratie, a lui ciblé la jeunesse. « La jeunesse doit se départir des discours de haine. Elle doit comprendre que si elle n’agit pas maintenant, l’avenir sera compromis », a-t-il lancé, mêlant urgence et sévérité. Son activisme pro-démocratie RDC rappelle que les jeunes ne sont pas qu’une force de manipulation politique ; ils portent les germes d’une transformation sociale. Mais encore faut-il leur en donner les moyens.
Dans la salle, des témoignages ont émaillé les débats. Une jeune femme de Masina a décrit comment son quartier sombre dans la violence à chaque élection, faute de canaux de dialogue. Un étudiant de l’Université de Kinshasa a raconté son refus de participer à un groupe armé, préférant monter une association de sensibilisation. Ces récits anodins disent l’essentiel : la jeunes consolidation de la paix RDC n’est pas un concept, mais une urgence quotidienne.
Pourtant, les obstacles restent immenses. Manque de financements, méfiance des autorités, poids des traditions patriarcales : les initiatives locales peinent à émerger. « On nous demande de faire la paix, mais on nous laisse sans outils », confie une participante sous couvert d’anonymat. La colère sourde de ces acteurs de terrain interroge : jusqu’à quand la RDC se paiera-t-elle le luxe d’ignorer ses forces vives ?
La cohésion sociale ne se décrète pas ; elle se construit dans les marchés, les écoles, les églises. Ce colloque l’a bien compris en mêlant parole institutionnelle et réalité de terrain. Mais il ne faudrait pas qu’il reste un simple exercice rhétorique. Les recommandations pourraient être lettre morte si aucun suivi sérieux n’est assuré par les bailleurs et le gouvernement.
En conclusion, l’enjeu dépasse le cadre de ce colloque. Il interroge le modèle de société choisi par la RDC. Optera-t-on pour une paix imposée d’en haut, ou pour une réconciliation inclusive, où chaque femme et chaque jeune devient acteur de son destin ? La réponse déterminera bien plus que la fin des conflits : elle dessinera le visage d’une nation qui accepte enfin de regarder tous ses enfants en face.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
