Une réponse robuste a été déployée par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) en province de l’Ituri. Depuis le 4 mai, une intensification des patrouilles et l’installation de bases opérationnelles mobiles ont marqué un tournant dans la stratégie de protection des civils en RDC. Face à la recrudescence des menaces, la MONUSCO en Ituri a décidé de muscler sa présence protectrice dans les territoires de Djugu et d’Irumu.
Selon le lieutenant-colonel Charles Idjiwa, porte-parole militaire de la Mission, plusieurs bases mobiles ont été établies à Lipa et Lauju, dans le territoire de Djugu, ainsi qu’à Boga-village, Kasenyi et Mukasila, en territoire d’Irumu. Cette mesure vise à renforcer la capacité de réponse rapide. Pourquoi un tel redéploiement ? L’attaque perpétrée le 28 avril par des éléments armés du CRP contre les positions des FARDC à Pimbo a servi de déclic. Cet assaut a confirmé la nécessité d’un dispositif plus réactif.
En réaction, la MONUSCO a immédiatement activé ses bases de Fataki et Gina, déjà présentes dans le territoire de Djugu. Des patrouilles de sécurisation ont été menées, notamment à Pimbo et Bassa, avec pour objectif de dissuader les groupes armés et de rassurer les populations civiles. Ces patrouilles MONUSCO à Djugu se sont multipliées, couvrant des zones jusqu’alors négligées. L’objectif : montrer que la force onusienne est désormais en mesure d’intervenir plus rapidement.
Mais le renforcement de la sécurité en Ituri ne s’est pas limité à la seule dissuasion. Alertée par des informations crédibles sur des mouvements suspects de groupes armés, la Mission a escorté au moins 24 civils déplacés, dont des femmes et des enfants, vers Iga-Barrière, dans le territoire d’Irumu. Ces déplacés, vulnérables et apeurés, ont été remis en sécurité aux autorités locales. Cet acte illustre concrètement le mandat de protection des civils en RDC confié à la MONUSCO.
Plus tôt, le 2 mai 2026, un autre geste fort a été posé. Des Casques bleus népalais de la MONUSCO ont assuré le transport sécurisé de 25 élèves, dont huit filles, ainsi que de leurs encadreurs, de Gina vers Bunia. L’enjeu était vital : permettre à ces jeunes de participer aux examens d’État malgré l’insécurité ambiante. Une opération qui rappelle que la stabilisation passe aussi par la protection du droit à l’éducation.
Ces actions multiples traduisent une volonté d’adaptation de la Mission onusienne face à un environnement sécuritaire dégradé. La MONUSCO en Ituri multiplie les initiatives pour contrer la menace des groupes armés et répondre aux besoins des populations locales. Mais est-ce suffisant ? Les déplacés d’Irumu, tout comme les habitants de Djugu, restent confrontés à une insécurité endémique. Les patrouilles, bien que renforcées, ne peuvent couvrir l’intégralité du territoire. La coopération avec les forces locales et la pérennisation des bases mobiles seront cruciales pour consolider les acquis.
La Mission rappelle que ces opérations s’inscrivent dans son mandat de stabilisation et de protection. Chaque jour, des Casques bleus risquent leur vie pour offrir un semblant de sécurité à des milliers de civils. La route est longue, mais le message est clair : en Ituri, la MONUSCO n’entend pas reculer face aux fauteurs de trouble.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
