Depuis Bruxelles, où il effectue une visite de travail, le ministre des Droits humains de la République démocratique du Congo, Samuel Mbemba, a lancé, ce jeudi 7 mai, un vibrant appel à la mobilisation de la diaspora congolaise. Face à une assistance composée de ressortissants congolais établis en Europe, il a plaidé pour une reconnaissance internationale du génocide perpétré dans l’Est de la RDC et exigé des sanctions immédiates contre le Rwanda, qu’il accuse de troubler la paix dans la région.
« Nous demandons à l’Union européenne de reconnaître le génocide commis en République démocratique du Congo. J’appelle également notre diaspora à s’impliquer activement, car cette cause ne concerne pas uniquement le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, mais toute la Nation congolaise », a déclaré Samuel Mbemba. Ces paroles, prononcées avec gravité, résonnent comme une requête solennelle adressée à une communauté qui, bien que dispersée aux quatre coins du monde, demeure un maillon essentiel du plaidoyer congolais.
Le ministre a exhorté les Congolais de la diaspora à devenir de véritables ambassadeurs de la cause du génocide congolais, afin de faire entendre la voix des millions de victimes des massacres qui ensanglantent l’Est du pays depuis plus de deux décennies. Pourquoi, en effet, le silence international persiste-t-il alors que des fosses communes continuent d’être découvertes et que des populations entières sont déplacées sous la menace des groupes armés soutenus par Kigali ? La reconnaissance internationale du génocide en RDC ne saurait être différée plus longtemps.
Samuel Mbemba a par ailleurs encouragé l’Union européenne à emboîter le pas aux États-Unis d’Amérique, qui ont déjà pris des mesures restrictives contre certaines personnalités et entités impliquées dans l’insécurité à l’Est. Il a réclamé des sanctions ciblées contre le régime de Kigali, dénonçant un « trouble permanent à la paix » orchestré depuis le Rwanda voisin. Cette exigence de sanctions contre le Rwanda s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement congolais pour obtenir justice et réparation.
La diaspora congolaise, estimée à plusieurs millions de personnes à travers le monde, est désormais appelée à jouer un rôle de premier plan. En relayant les informations sur les atrocités commises, en interpellant les parlements et les opinions publiques de leurs pays d’accueil, les Congolais de l’étranger peuvent contribuer à briser le mur d’indifférence qui entoure le drame congolais. Comme l’a souligné le ministre, cette mobilisation pour la reconnaissance du génocide en RDC ne doit pas être l’apanage du seul chef de l’État, mais une lutte collective, portée par tous les fils et filles du Congo.
Cette déclaration de Samuel Mbemba survient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Kinshasa et Kigali, exacerbées par la résurgence du M23 et les rapports accablants des Nations unies sur le soutien rwandais aux rebelles. La question du génocide congolais, longtemps reléguée au second plan dans l’agenda international, retrouve ainsi une actualité brûlante. La démarche du ministre des Droits humains réaffirme la détermination du gouvernement congolais à faire de la reconnaissance du génocide une priorité diplomatique.
Si l’Union européenne venait à adopter des sanctions contre le Rwanda, cela constituerait un tournant majeur dans la pression internationale exercée sur Kigali. Mais au-delà des sanctions, c’est bien la reconnaissance même du terme de « génocide » qui cristallise les espoirs des victimes. Pour nombre de Congolais, il s’agit d’une étape indispensable vers la vérité, la justice et la prévention de nouvelles atrocités. L’appel de Samuel Mbemba à la diaspora congolaise s’inscrit donc dans une dynamique de long terme, qui vise à inscrire le drame congolais dans la mémoire collective de l’humanité.
En conclusion, le séjour bruxellois du ministre aura été marqué par un plaidoyer sans concession pour la cause congolaise. Reste à savoir si cet appel sera entendu et si la mobilisation de la diaspora portera les fruits escomptés. Une chose est certaine : la reconnaissance internationale du génocide en RDC et les sanctions contre le Rwanda s’imposent désormais comme des exigences incontournables sur la scène politique et judiciaire internationale.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
