La tension monte en Afrique du Sud. Alors que le pays s’apprête à célébrer le Freedom Day, des manifestations à caractère anti-étrangers secouent plusieurs provinces, suscitant l’inquiétude de la communauté congolaise. L’ambassade de la République démocratique du Congo en Afrique du Sud a réagi le 25 avril 2026 en publiant un communiqué appelant ses ressortissants à la plus grande vigilance.
Une vague de mécontentement ciblant les étrangers
Des incidents ont été signalés dans les provinces du KwaZulu-Natal et du Cap-Occidental, ainsi que dans d’autres centres urbains. Selon la représentation diplomatique congolaise, ces rassemblements, parfois violents, visent directement les communautés étrangères, dont les Congolais installés en Afrique du Sud. Les autorités sud-africaines peinent à endiguer ce phénomène récurrent, alimenté par des discours xénophobes et des tensions économiques. Mais que se cache-t-il derrière cette flambée de violence ?
L’ambassade RDC Afrique du Sud précise que de nouveaux rassemblements sont annoncés dans la province du Gauteng, du 27 au 29 avril 2026, en marge des célébrations du Freedom Day. Cette date symbolique, qui commémore les premières élections démocratiques de 1994, pourrait être détournée par des groupes hostiles aux étrangers. « Ces rassemblements pourraient entraîner des débordements ou des incidents isolés », prévient le communiqué.
Des consignes strictes pour protéger les Congolais
Face à cette situation, la mission diplomatique a publié une série de recommandations à destination des ressortissants congolais. Il leur est conseillé d’éviter les attroupements et les zones à risque, de ne pas interagir avec les manifestants et de limiter les déplacements non essentiels. Les opérateurs économiques congolais sont également invités à adapter leurs horaires ou à suspendre temporairement leurs activités durant les journées jugées sensibles. Une mesure de prudence qui vise à protéger les personnes et les biens, alors que les commerces tenus par des étrangers sont souvent la cible de pillages.
L’ambassade insiste sur la nécessité de suivre les informations officielles et de renforcer la sécurité autour des domiciles et des lieux d’activités. « Ces manifestations anti-étrangers peuvent survenir de manière imprévisible. La vigilance est de mise », souligne un représentant diplomatique sous couvert d’anonymat. Mais comment garantir la sécurité des Congolais en Afrique du Sud dans un contexte aussi volatile ?
Un dispositif d’assistance maintenu
Pour répondre aux urgences, les services consulaires restent disponibles 24 heures sur 24 via le numéro +27 12 344 6475 ou l’adresse électronique dédiée. L’ambassade assure également rester en contact étroit avec les autorités sud-africaines compétentes pour coordonner la protection de ses ressortissants. Cette coopération vise à anticiper d’éventuels débordements et à évacuer les zones les plus exposées.
La représentation diplomatique appelle enfin au calme, au sens des responsabilités et au respect strict des lois sud-africaines. « Nous comprenons l’inquiétude de nos compatriotes, mais nous leur demandons de ne pas céder à la panique et de suivre les directives officielles », précise le communiqué. Une position mesurée, alors que plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer l’inaction des autorités sud-africaines face à ces violences xénophobes.
Un phénomène récurrent aux causes multiples
Les manifestations anti-étrangers ne sont pas nouvelles en Afrique du Sud. Depuis plusieurs années, des vagues de violence éclatent régulièrement, ciblant principalement les migrants africains, accusés de voler les emplois et les ressources locales. En 2021, des émeutes avaient déjà fait plusieurs morts et des milliers de déplacés. Aujourd’hui, le contexte économique difficile, marqué par un chômage élevé et une inflation persistante, ravive ces tensions.
Pour les Congolais vivant en Afrique du Sud, la crainte est palpable. Beaucoup ont fui les conflits dans leur pays et cherchent une vie meilleure dans la nation arc-en-ciel. Mais cette quête de sécurité se heurte parfois à une hostilité locale. « Nous sommes pris entre deux feux : les violences chez nous et la xénophobie ici », confie un commerçant congolais du Gauteng, sous couvert d’anonymat.
Alors que les célébrations du Freedom Day approchent, l’ambassade RDC Afrique du Sud maintient son dispositif de veille. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si les prévisions de débordements se concrétisent. Une chose est sûre : la sécurité des ressortissants congolais reste une priorité absolue pour la diplomatie congolaise.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
