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Le PAM alerte sur une nouvelle poussée de faim mondiale liée à la guerre autour de l’Iran

Le Programme alimentaire mondial remet en garde contre un choc alimentaire qui dépasse largement le Moyen-Orient. Alors que la guerre autour de l’Iran continue de perturber les routes commerciales et de maintenir une forte pression sur les prix de l’énergie, l’agence onusienne estime que la faim aiguë peut encore s’aggraver rapidement dans plusieurs pays déjà fragilisés.

Le signal d’alarme a été réaffirmé le vendredi 5 juin 2026. Devant la presse onusienne, le PAM a expliqué que son scénario le plus pessimiste n’avait pas été écarté: jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë d’ici à la fin de juin si les effets du conflit sur les prix et les échanges se prolongent.

Trois pays déjà sous tension

L’analyse citée par l’agence montre que l’impact n’est plus théorique. En Somalie, 2,5 millions de personnes supplémentaires sont désormais décrites comme en difficulté pour couvrir leurs besoins alimentaires de base. Le chiffre atteint 2,3 millions en Afghanistan et 1,3 million au Sri Lanka. Ces trois cas servent d’indicateur avancé: quand le coût du carburant grimpe et que les circuits logistiques se dégradent, les pays les plus exposés encaissent les premiers chocs.

Le PAM souligne que ces nouvelles pressions s’ajoutent à un socle déjà très lourd de vulnérabilité. Des centaines de millions de personnes étaient déjà confrontées à une insécurité alimentaire sévère avant cette nouvelle secousse géopolitique. Le conflit n’ouvre donc pas une crise isolée; il accélère une crise mondiale déjà installée.

Prix de l’énergie, coût du transport et denrées plus chères

Le mécanisme décrit par les responsables onusiens reste direct. La hausse de l’énergie renchérit le transport, le stockage et l’acheminement des vivres. Dans les économies pauvres, où une grande partie du revenu des ménages part déjà dans l’alimentation, une nouvelle hausse de prix se traduit très vite par une baisse des quantités consommées.

Le Guardian rapportait dès le 27 mai 2026 que l’agence liait déjà cette dégradation à la fermeture du détroit d’Ormuz et aux perturbations sur les approvisionnements. Le même contexte complique aussi la logistique humanitaire: certaines cargaisons sont détournées, rallongent leur trajet et coûtent plus cher avant d’atteindre les zones en crise.

Une réponse humanitaire freinée par le manque d’argent

L’autre alerte du PAM concerne sa propre capacité de réponse. Carl Skau expliquait fin mai que l’organisation était contrainte de réduire certains programmes pour concentrer ses moyens sur les situations les plus extrêmes. Autrement dit, l’agence doit arbitrer entre plusieurs urgences au moment même où les besoins progressent.

Cette tension budgétaire change la nature de la crise. Elle ne touche pas seulement les ménages exposés à l’inflation alimentaire, mais aussi l’outil humanitaire chargé d’amortir le choc. Dans des pays comme le Soudan, Gaza, le Yémen, Haïti ou l’Afghanistan, chaque hausse de coût réduit un peu plus la marge de manœuvre des opérations de secours.

Ce qu’il faut retenir

Le PAM considère toujours qu’un nouveau bond de la faim aiguë reste possible à très court terme si la guerre autour de l’Iran continue de désorganiser le commerce et de maintenir les prix élevés. Les premiers effets mesurés en Somalie, en Afghanistan et au Sri Lanka montrent déjà que l’onde de choc dépasse largement sa zone de départ.

Au-delà du constat, l’avertissement vise un point simple: quand les routes se bloquent, que le carburant reste cher et que les financements humanitaires se contractent en même temps, la crise alimentaire s’aggrave beaucoup plus vite que les réponses disponibles.

Article Ecrit par Cédric Botela

Sources : AP, The Guardian, Washington Post.

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