AccueilActualitéInternationalInterconnexion des guerres : Ukraine et Moyen-Orient fusionnent-elles ?

Interconnexion des guerres : Ukraine et Moyen-Orient fusionnent-elles ?

Depuis la pandémie de Covid-19, le monde assiste à une multiplication des foyers de tensions, comme si l’histoire s’accélérait. Parmi eux, deux conflits majeurs dominent l’actualité : la guerre en Ukraine, entrée dans sa cinquième année en 2026, et le conflit au Moyen-Orient opposant l’Iran et ses proxies à Israël, qui dure depuis deux ans et demi. Mais ces deux guerres ne sont plus isolées. Leur interconnexion croissante interroge : assiste-t-on à l’émergence d’une nouvelle forme de conflit mondial, non plus nucléaire et total, mais multirégional et multidimensionnel ?

L’interconnexion des guerres n’est pas récente. Dès 2015, la Russie intervient en Syrie pour soutenir Bachar el-Assad, tout en posant ses pions en Afrique via le Groupe Wagner. Cette milice paramilitaire, née dans le Donbass en 2014, s’implante en République centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso, et même en République démocratique du Congo. En échange de contrats miniers, elle étend l’influence russe et contourne les sanctions. Parallèlement, dès 2023, l’Iran installe une usine de drones au Tatarstan, fournissant à Moscou des Shahed utilisés en Ukraine. L’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, marque un tournant : le prix du pétrole bondit, offrant un répit à l’économie russe, tandis que les médias occidentaux se recentrent sur le Moyen-Orient. Trois jours plus tard, l’armée russe lance une offensive massive sur Avdiïvka.

La dimension de cette interconnexion explose avec la « deuxième guerre » contre l’Iran, déclenchée le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël. Limitée dans un premier temps à une guerre aérienne, elle provoque une flambée du baril de pétrole, passant de 73 à près de 120 dollars en mars. L’Iran attaque les États du Golfe, bloque le détroit d’Ormuz et menace la Méditerranée orientale. Cette situation profite directement à la Russie, dont les indicateurs économiques étaient alarmants début 2026. Les liquidités injectées par la hausse des hydrocarbures renflouent le trésor russe, tandis que les drones Shahed, les mêmes qu’en Ukraine, sèment la panique dans la péninsule Arabique.

Pour l’Ukraine, le risque est triple : épuisement des munitions américaines, possible relâchement de l’embargo sur le pétrole russe par l’administration Trump, et menace de récession en Europe si le blocus d’Ormuz persiste. Or, depuis 2025, le financement de la guerre ukrainienne repose principalement sur l’Europe. Face à cela, Volodymyr Zelensky effectue une tournée diplomatique dans le Golfe fin mars 2026, signant des accords de défense avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar. Fort de son expérience unique dans la lutte antidrone, Kiev se positionne comme expert de la guerre moderne, ouvrant de nouvelles sources de financement et espérant contrer l’influence russe au Moyen-Orient.

Le conflit russo-ukrainien se joue désormais sur trois continents. Sur le front européen, 12 000 soldats nord-coréens appuient Moscou. Au Moyen-Orient, 200 dronistes ukrainiens aident les monarchies du Golfe face aux Shahed iraniens. En Afrique, le renseignement militaire ukrainien (HUR) multiplie les actions : en juillet 2024, il aide les rebelles touaregs à décimer des mercenaires de Wagner au Mali, probablement avec la médiation de la DGSE française. En mars 2026, un drone naval ukrainien endommage gravement le navire méthanier russe Arctic Metagas au large de la Libye, une opération impliquant 200 militaires ukrainiens basés dans le pays.

Cette guerre multirégionale ne ressemble pas aux conflits mondiaux du XXe siècle. Il ne s’agit pas d’un affrontement par procuration entre deux blocs homogènes. Les positions évoluent : les États-Unis soutiennent Israël mais se distancient de l’Europe, Donald Trump veut normaliser les relations avec la Russie tout en s’opposant à la Chine. Les Européens, exclus des décisions, paient le choc énergétique. La Russie et la Chine aident l’Iran sans provoquer Washington. Chaque acteur poursuit ses intérêts immédiats et stratégiques, créant des alliances à géométrie variable. Ce désordre mondial annonce un nouvel ordre mondial multipolaire, où les budgets de défense explosent et les technologies (IA, robotique, drones) transforment la conduite de la guerre. Les foyers de conflits risquent de se multiplier, de Taïwan à la Corée, tandis que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient servent de laboratoires pour les armées du monde entier.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net

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