AccueilActualitéSociétéKinkole : l'avenue Kakenza, une artère devenue piège pour les habitants

Kinkole : l’avenue Kakenza, une artère devenue piège pour les habitants

« Quand il pleut, c’est le calvaire », lâche un habitant de l’avenue Kakenza, à Kinkole, dans la commune de la N’sele. Cette artère stratégique, qui relie les quartiers Muntele et Sicotra/Lokali, est devenue quasiment impraticable. Les pluies diluviennes transforment cette route en bourbier, et les déchets qui s’accumulent le long de la chaussée rendent l’environnement insalubre. Comment se déplacer dans ces conditions ?

Pourtant, l’avenue Kakenza joue un rôle crucial dans la desserte de plusieurs zones vitales du quartier. Elle donne accès au site des sinistrés de Pakadjuma, à l’Hôpital général de référence de Kinkole, à des centres de santé et à des points d’approvisionnement. Sans elle, les habitants de ces secteurs se retrouvent coupés des services essentiels. Une question s’impose : jusqu’à quand devront-ils supporter cette situation ?

Les causes de cette dégradation des routes sont multiples. La chaussée, déjà fortement endommagée, ne dispose d’aucun caniveau digne de ce nom. Les eaux de ruissellement, qui se déversent sur l’avenue lors des fortes pluies, creusent des ravins et emportent la terre. À chaque orage, la route se détériore un peu plus. « Toutes les eaux se déversent sur cette avenue, c’est ce qui fait que, lorsqu’il pleut, cette voie est fortement menacée », témoigne un riverain. L’absence de collecteurs aggrave le phénomène, transformant la voie en un véritable torrent boueux.

L’insalubrité vient ajouter à la détresse. Des déchets de toutes sortes – plastiques, détritus ménagers, gravats – s’accumulent le long de l’avenue Kakenza, du boulevard jusqu’au fleuve. Entraînés par les eaux, ils obstruent les passages et envahissent les habitations voisines. Les odeurs nauséabondes et les risques sanitaires inquiètent les familles. Dans ce décor de bitume défoncé et de saleté, comment assurer une vie digne ?

Au-delà de la mobilité, c’est un enjeu de sécurité qui se dessine. « Si on aménage cette voie, cela permettra, en cas d’attaque du quartier, une intervention par Nganda Sese ou par l’avenue Kakenza. Cela aiderait à contenir les assaillants », explique un résident. En effet, une route impraticable complique l’accès des forces de l’ordre et des secours en cas d’urgence. Les habitants, déjà vulnérables, se sentent doublement exposés.

Face à cette situation, les riverains interpellent les autorités locales et provinciales. Ils réclament la construction de caniveaux solides et de collecteurs d’eau capables de protéger cette voie d’intérêt public. « Nous ne demandons pas l’impossible, juste que l’on rende notre quartier praticable et salubre », insiste un chef de famille. Mais rien ne semble bouger.

Pourtant, Kinkole reste une cité touristique prisée pour ses paysages paisibles en bordure du fleuve Congo. Mais cette image s’effrite sous le poids de l’abandon des infrastructures. La dégradation des routes, l’avenue Kakenza en tête, symbolise le décalage entre le potentiel de Kinshasa et la réalité du quotidien. Combien de temps encore les habitants devront-ils patauger dans la boue et les déchets ?

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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