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Kasaï-Central : des enfants sans état civil par négligence parentale

À Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, des milliers d’enfants grandissent sans la moindre existence officielle. Sans acte de naissance, ils demeurent invisibles aux yeux de l’État. Une réalité qui interpelle : pourquoi tant de parents continuent-ils à négliger ce document pourtant fondamental ?

Rose Mbuyi, mère de trois enfants rencontrée au quartier Industriel, confie : « J’ai trois enfants, mais un seul possède un acte de naissance. C’est surtout par oubli. Avec les travaux ménagers, je ne trouve pas le temps d’aller le chercher. » Son témoignage n’est pas isolé. Dans les territoires du Kasaï-Central, la négligence des parents est pointée du doigt par le service provincial de la population. Manque d’information, priorités quotidiennes, rareté des formulaires : les excuses ne manquent pas. Mais les conséquences, elles, sont irréversibles.

L’acte de naissance n’est pas un simple bout de papier. Il est la clé de l’identité légale de l’enfant. Sans lui, pas d’inscription à l’école, pas de soins dans certains hôpitaux, pas d’héritage possible. Pourtant, combien de parents réalisent que leur enfant peut devenir apatride faute d’enregistrement à l’état civil ?

Sébastien Kasau, chef de bureau provincial chargé de la population à la division provinciale de l’Intérieur, alerte : « Lorsqu’un enfant n’est pas enregistré à l’état civil, il risque de devenir apatride. La seule preuve de son identité reste l’acte de naissance. En cas de décès du père, ce document atteste de la filiation et permet à l’enfant de faire valoir ses droits, notamment en matière d’héritage. » Une mise en garde qui résonne comme un appel à la responsabilité parentale.

Au-delà de l’oubli individuel, c’est toute une communauté qui doit se réveiller. Car si l’État peine à fournir les formulaires dans certaines zones reculées, la négligence des parents aggrave la situation. Le service de la population rappelle que l’enregistrement des enfants est gratuit pendant les 90 premiers jours suivant la naissance. Passé ce délai, les parents doivent recourir à un jugement supplétif, une procédure longue et coûteuse. Pourquoi attendre que l’urgence administrative les rattrape ?

Dans un pays où les droits de l’enfant sont encore trop souvent bafoués, la question de l’identité légale devient cruciale. L’acte de naissance est le premier rempart contre l’exclusion sociale. Il garantit à l’enfant une place dans la société congolaise. Alors, comment expliquer qu’encore aujourd’hui, des milliers de petits Kasaïens soient privés de ce droit fondamental ?

Les autorités locales lancent un appel à tous les parents : faites enregistrer vos enfants. Ne laissez pas l’oubli ou le manque d’information compromettre leur avenir. Car un enfant sans état civil, c’est un adulte sans droits demain. L’enjeu est de taille : construire une RDC où chaque citoyen, dès la naissance, possède une identité reconnue et protégée.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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