La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, est secouée par une vague de violences interquartiers depuis le dimanche 12 avril. Des affrontements meurtriers opposent des groupes de jeunes dans la commune de Mangobo, précisément dans le quartier Imbolo, plongeant les habitants dans la terreur et l’insécurité. Le bilan provisoire fait état de morts d’hommes, de maisons systématiquement pillées et de nombreux déplacements forcés de populations. Ces conflits à Kisangani illustrent une insécurité grandissante dans certains secteurs de la ville.
Tout a commencé dans la nuit du samedi 11 avril. Des hommes armés ont opéré dans trois maisons situées à proximité du Complexe scolaire Bobokoli. Le lendemain, dimanche, un jeune homme originaire du quartier voisin de Segama, qui se trouvait de passage dans la zone visitée par les voleurs, a été sauvagement tabassé. Son corps a ensuite été brûlé, un acte d’une brutalité inouïe qui a mis le feu aux poudres. Comment une telle barbarie a-t-elle pu éclater au cœur de la ville ?
Informés de ce drame, des jeunes du quartier Segama, mus par un désir de vengeance, ont immédiatement envahi le quartier Imbolo. Ils se sont livrés à des actes de vandalisme, saccageant et pillant des habitations. En réaction, pour se défendre, des jeunes d’Imbolo ont lancé des hostilités, déclenchant un cycle de violence qui s’est poursuivi sans relâche jusqu’à ce mercredi matin. Les rues de ce secteur de la commune de Mangobo sont devenues le théâtre d’escarmouches continues.
L’escalade a été rapide et sanglante. Lundi et mardi, deux jeunes du quartier Segama ont perdu la vie lors de ces affrontements. La situation sécuritaire s’est tellement dégradée que de nombreux habitants, craignant pour leur vie, ont choisi de fuir. Plusieurs familles ont ainsi quitté le quartier Imbolo pour se réfugier dans des endroits considérés comme plus sûrs, créant un phénomène de déplacement interne. L’insécurité dans la Tshopo prend ici un visage concret et dramatique.
Sur place, l’intervention des forces de l’ordre se fait toujours entendre. Des sources sur le terrain indiquent que la police est intervenue à plusieurs reprises pour tenter de séparer les belligérants et calmer les esprits. Cependant, quelques jeunes résistent encore et les tensions restent vives. Les autorités locales sont-elles en mesure d’endiguer cette flambée de violence entre jeunes de Kisangani ? La réponse opérationnelle semble pour le moment se heurter à une colère profonde et à un engrenage de représailles.
Pendant ce temps, un scénario similaire de violences sévit dans une autre partie de la ville. À Makiso, entre les 0 et 5e avenue Camp Ketele, des jeunes se battent également depuis lundi pour des motifs qui restent à ce jour non élucidés. Les premières informations font état de blessés graves et de maisons commerciales pillées. Cette propagation des troubles interpelle : Kisangani est-elle confrontée à une crise sociale plus large qui dégénère en conflits ouverts ?
Les affrontements à Kisangani, particulièrement dans le quartier Imbolo, ont donc causé des pertes en vies humaines, des destructions matérielles significatives et un climat de peur. Les conflits dans la commune de Mangobo nécessitent une attention urgente des autorités tant provinciales que municipales. Une enquête est attendue pour déterminer les causes exactes de ces incidents et identifier les responsables. La priorité immédiate reste le rétablissement d’un calme durable et la protection des civils pris au piège de ces violences. La population espère une résolution rapide avant que le bilan ne s’alourdisse davantage.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
