Le regard pétillant d’enthousiasme, Grace, élève en terminale scientifique, écoute religieusement les paroles de la Première Dame. Pour elle et plus de 300 autres finalistes venues de divers coins de Kinshasa, cette célébration du 8 mars 2026 n’a rien d’une formalité protocolaire. Sous l’impulsion déterminée de Denise Nyakeru Tshisekedi, la Journée Internationale des Droits des Femmes s’est muée en une plateforme vibrante de transformation et de formation au leadership féminin Congo. Mais au-delà des discours, quel souffle nouveau cette initiative insuffle-t-elle à la jeunesse féminine congolaise ?
L’ambiance à Kinshasa était ce jour-là à la fois studieuse et électrique. Dans une salle comble, des générations de femmes se sont croisées : d’un côté, des pionnières aux visages marqués par les combats pour l’éducation et l’égalité ; de l’autre, des adolescentes avides d’écrire leur propre histoire. Ce dialogue intergénérationnel, pierre angulaire de l’événement, a permis de retracer le long chemin parcouru, des luttes pour l’accès à l’école aux récentes réformes institutionnelles. Les références aux engagements internationaux comme la Conférence de Beijing et la CIPD (Conférence Internationale sur la Population et le Développement) ont donné une ampleur universelle aux discussions, tout en les ancrant dans la réalité congolaise.
« Entendre le parcours de ces femmes qui ont bravé tant d’obstacles, cela vous donne une force incroyable », confie Annette, 17 ans, venue d’un lycée de la commune de Limete. « On réalise que les droits dont on dispose aujourd’hui ne sont pas tombés du ciel. Ils ont été arrachés. Et c’est à nous maintenant de les défendre et de les faire avancer. » Ce sentiment de devoir et de responsabilité a été le fil rouge des échanges. Les défis contemporains, notamment la fracture numérique et la place des femmes dans les métiers de la tech, ont été mis sur la table sans détour. Comment former les jeunes filles Kinshasa aux enjeux du numérique pour qu’elles ne soient pas simplement consommatrices, mais actrices de l’innovation ?
Le moment le plus attendu fut sans conteste l’intervention de la Distinguée Première Dame. D’une voix à la fois ferme et maternelle, Denise Nyakeru Tshisekedi a lancé un appel sans équivoque à l’excellence. « Ne vous fixez pas de limites, aspirez toujours plus haut », a-t-elle exhorté devant une audience suspendue à ses lèvres. Son message s’est appuyé sur un levier concret et puissant : la Bourse Excellentia. Ce programme, pilier de la promotion de l’excellence académique en RDC, a été présenté comme une rampe de lancement à la portée des meilleures. « La Bourse Excellentia n’est pas qu’une aide financière, c’est une reconnaissance et un accompagnement vers vos plus grands rêves », a-t-elle souligné, insufflant un vent d’espoir et d’ambition dans la salle.
L’initiative va-t-elle pour autant régler tous les maux ? Si l’événement a été salutaire, il a aussi révélé l’ampleur du chemin restant à parcourir. Les inégalités d’accès à une éducation de qualité, les pesanteurs socioculturelles et les freins économiques demeurent des obstacles redoutables pour des milliers d’autres jeunes filles à travers le pays. La célébration du 8 mars RDC 2026, sous le sceau de la transformation, pose donc une question cruciale : comment passer de l’inspiration d’une journée à l’action concrète et durable pour toutes ?
En quittant les lieux, les participantes semblaient porter une flamme nouvelle. L’événement n’était pas une fin, mais un commencement. En transformant la commémoration du 8 mars en un laboratoire du leadership féminin, Denise Nyakeru Tshisekedi a planté une graine. Reste à savoir si les institutions, la société civile et le secteur privé sauront l’arroser pour qu’elle fleurisse en une génération de femmes leaders, capables de modeler le Congo de demain. Le défi est immense, mais le premier pas, résolument tourné vers l’avenir, a été franchi.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
