« Je suis heureux d’être ici aujourd’hui pour participer à mon ordination. C’est un moment de joie, mais aussi de réflexion. » Ces mots de Serge Bukasa, fraîchement ordonné pasteur de l’Église La Louange à Bruxelles, résonnent encore dans la grande salle du siège de Kasa-Vubu, à Kinshasa. Ce 1er mai, la communauté évangélique a célébré son 32ᵉ anniversaire dans une ambiance à la fois solennelle et festive. Mais au-delà des chants et des prières, un événement majeur s’est déroulé : la consécration et l’ordination de 368 serviteurs et servantes au ministère pastoral. Un chiffre qui interpelle, surtout quand on sait que l’Église La Louange compte désormais 1 040 pasteurs dans ses rangs.
Comment une Église partie de zéro en 1994 en est-elle arrivée là ? Le docteur Abraham Ngalasi, représentant légal, ne cache pas son émotion : « Trente-deux ans après, je reconnais une grâce inouïe de l’Éternel. Nous étions partis du néant. Aujourd’hui, j’éprouve une grande joie en voyant comment Dieu a fait progresser son œuvre. » Un témoignage qui en dit long sur le chemin parcouru. Mais derrière la ferveur, une question se pose : ces nouveaux pasteurs sont-ils prêts à porter une charge aussi lourde ? Le docteur Ngalasi a été clair : « Le service auquel vous vous engagez aujourd’hui n’est pas de ceux que l’on prend ou que l’on abandonne au gré de ses intérêts. Ceux qui sont appelés au ministère pastoral doivent comprendre qu’ils acceptent cette charge pour toute leur vie. »
La répartition géographique des 368 ordonnés est impressionnante. À Kinshasa, 142 pasteurs ont été consacrés, suivis du Kongo Central (37), du Grand Katanga (31), du Grand Bandundu (30), du Grand Équateur (22), de l’Ituri (13), du Grand Kasaï (8), du Nord-Kivu et Sud-Kivu (4), de la Tshopo (2) et du Maniema (5). À l’international, l’Église La Louange étend son rayonnement : 31 en Angola, 3 au Congo-Brazzaville, 12 en Afrique du Sud, 2 en Eswatini, 1 au Zimbabwe, 15 en France, 4 à Bruxelles, ainsi que 1 en Allemagne, 1 en Suisse, 1 au Danemark et 3 au Brésil. Une diaspora spirituelle qui ne cesse de grandir.
Pour Serge Bukasa, ordonné pour l’antenne de Bruxelles, l’engagement est total : « L’engagement que je prends aujourd’hui est de servir Dieu en prêchant la Bonne Nouvelle, de gagner des âmes, de faire sa volonté et de suivre la vision de l’Église La Louange. » Mais dans un monde où les dérives sectaires sont souvent pointées du doigt, comment ces pasteurs garantiront-ils une pratique saine et transparente ? L’Église assure que chaque candidat a été « rigoureusement préparé » et que la vocation a été validée. Les nouveaux promus ont d’ailleurs promis de se conformer à l’Écriture sainte, de faire preuve de discipline, de discrétion dans les confessions et de demeurer dans l’amour fraternel.
Cette cérémonie marque aussi les 31 ans de ministère sacerdotal du docteur Abraham Ngalasi. Un double anniversaire qui souligne la continuité et la vision de cette communauté. Alors que l’Église La Louange essaimée à travers provinces de la RDC et au-delà des frontières, on peut s’interroger : quel impact ces nouveaux pasteurs auront-ils sur les communautés qu’ils vont servir ? Dans un pays comme la RDC, où la foi et la quête de sens occupent une place centrale, la formation de ces serviteurs est cruciale. L’ordination n’est pas seulement un rite, c’est une responsabilité collective. Les fidèles attendent de leurs bergers qu’ils soient des guides éclairés, des consolateurs et des bâtisseurs de paix.
En définitive, ce 32ᵉ anniversaire de l’Église La Louange à Kinshasa n’est pas qu’une fête. C’est un rappel que la mission évangélique se renouvelle sans cesse, portée par des hommes et des femmes prêts à tout quitter pour annoncer la bonne nouvelle. Mais dans un contexte où les défis sociaux, économiques et politiques sont immenses, le plus dur commence peut-être pour ces 368 nouveaux pasteurs. Leur véritable test sera sur le terrain, dans les cœurs et les vies qu’ils toucheront.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
