La plateforme des Forces politiques alliées à l’UDPS/Tshisekedi (FPAU) a officiellement apporté son soutien au dialogue national inclusif annoncé par le président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration signée le 1er septembre 2026 à Kinshasa par son coordonnateur général, Elysé Bokumwana Maposo, la structure salue une démarche qu’elle qualifie d’innovation majeure dans l’histoire politique congolaise. Ce positionnement intervient alors que le pays cherche à dépasser des années de tensions et de crises de légitimité.
Au cœur de cette adhésion se trouve la méthode dite de la « pyramide renversée ». Contrairement aux précédents dialogues souvent dominés par les élites de Kinshasa, le processus devrait partir de la base pour remonter progressivement vers le niveau national. Du village à la chefferie, puis au secteur, au territoire et à la province, chaque étape vise à vérifier la représentativité réelle des acteurs. Pour les FPAU, cette approche replace la population au centre du processus et empêche toute confiscation du débat par des intérêts particuliers.
Une représentativité confrontée à la réalité du terrain
La déclaration insiste sur un point sensible : la légitimité des porte-parole communautaires. « Nul ne devrait désormais prétendre représenter une communauté sans que cette représentativité ne puisse être confrontée à la réalité de sa base », rapporte le texte. Cette exigence traduit une volonté de rompre avec les pratiques passées où des individus ou des groupes s’arrogeaient le droit de parler au nom de populations sans mandat clair. En imposant une remontée depuis les structures locales, le dialogue espère établir une chaîne de légitimité plus solide.
Cette orientation pourrait modifier les rapports de force au sein des partis politiques et des organisations de la société civile. Les acteurs habitués aux négociations en comité restreint devront désormais démontrer leur ancrage territorial. Pour les citoyens, c’est l’occasion de faire entendre des préoccupations souvent ignorées dans les grandes messes politiques.
Pas de réconciliation sans responsabilité
Les FPAU excluent toute forme d’impunité dans le cadre de ce dialogue. Elles rappellent que la recherche de la réconciliation ne doit pas conduire à l’effacement des responsabilités liées aux crimes commis contre la Nation. S’appuyant sur l’expérience de la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud, elles soulignent que chaque personne doit répondre de ses actes devant la loi. « Le dialogue ne saurait devenir un mécanisme de blanchiment des actes commis contre la Nation », note la déclaration.
Cette position ferme répond à une crainte récurrente dans les processus de sortie de crise : que le dialogue serve de paravent à l’oubli. En liant réconciliation et justice, la plateforme trace une ligne rouge qui pourrait rassurer les victimes et leurs familles. Mais elle soulève aussi la question de la capacité du système judiciaire congolais à traiter des dossiers sensibles sans pression politique.
Une continuité de la main tendue
Pour les FPAU, cette initiative s’inscrit dans la continuité de la politique de la main tendue défendue par Félix Tshisekedi depuis son investiture en janvier 2019. Elles invitent les partis politiques, la société civile, les confessions religieuses, les jeunes et les femmes à prendre part au processus. L’objectif affiché est de faire de la volonté du peuple le socle de la légitimité nationale.
Reste à savoir si cette approche par la base pourra réellement se déployer sur l’ensemble du territoire, dans un contexte où les infrastructures et la sécurité demeurent précaires. La réussite du dialogue dépendra de la capacité des organisateurs à garantir une participation effective des communautés, sans instrumentalisation. Pour l’heure, le soutien des FPAU donne un signal politique fort, mais le chemin vers une réconciliation durable s’annonce encore long.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
