La rentrée scolaire 2026-2027 à Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, a pris une dimension particulière avec la réouverture du complexe scolaire La Renaissance, anciennement Athénée Royal de Kananga. Après près de cinq ans de travaux de réhabilitation, les treize écoles que compte cet ensemble ont retrouvé leurs locaux d’origine. L’inauguration officielle, présidée par le gouverneur de province le mardi 1er septembre, marque la fin d’une longue période de délocalisation qui a pesé sur les conditions d’apprentissage de milliers d’élèves.
Ce retour sur le site initial soulève une question simple mais essentielle : que change concrètement cette réouverture pour les élèves, les enseignants et les familles ? La réponse tient en partie dans la capacité d’accueil annoncée, désormais supérieure à 7 500 places. Mais au-delà des chiffres, c’est le quotidien des acteurs de l’éducation qui se trouve transformé.
Des années de délocalisation aux conséquences lourdes
Pendant la phase de réhabilitation, les écoles du complexe avaient été dispersées dans d’autres sites. Cette situation a imposé à de nombreux élèves de parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre leurs lieux d’étude. Les témoignages recueillis auprès des principaux concernés décrivent des conditions difficiles, marquées par le manque de bancs et l’éloignement géographique. Une élève résume ce vécu en évoquant la souffrance endurée et la longue distance à parcourir chaque jour.
Les difficultés ne se limitaient pas aux trajets. Une autre élève, inscrite en option coupe et couture, mentionne l’absence de matériel adapté à sa formation. Elle affirme avoir sérieusement envisagé d’abandonner ses études, tant les conditions de suivi des cours étaient dégradées. Ces situations individuelles illustrent un problème structurel : la délocalisation prolongée a fragilisé la continuité pédagogique et le moral des apprenants.
Des enseignants face à des infrastructures défaillantes
Les enseignants ont également vécu cette période comme une épreuve. Philippe Munudi, enseignant de géographie à l’Institut technique commercial, décrit un environnement de travail marqué par l’absence de manuels scolaires et la vétusté des bâtiments. Il évoque des plafonds qui tombaient sur les enfants et des infiltrations d’eau lors des pluies. Ces conditions ont rendu l’enseignement particulièrement difficile et ont exposé les élèves à des risques physiques.
La réouverture du complexe scolaire La Renaissance met donc fin à une situation d’urgence éducative. Les locaux réhabilités offrent un cadre plus sûr et mieux adapté aux besoins scolaires. Pour les enseignants, cela signifie la possibilité de travailler dans un environnement digne, avec des infrastructures qui ne menacent plus la sécurité des élèves.
Un soulagement pour les familles et un enjeu de proximité
Les parents d’élèves se réjouissent du retour des écoles sur leur site initial. Au-delà de l’amélioration des conditions matérielles, c’est la question de la proximité qui est déterminante. Les familles espèrent que leurs enfants pourront désormais étudier à une distance raisonnable de leur lieu de résidence, réduisant ainsi la fatigue et les risques liés aux longs déplacements.
Cette réouverture s’inscrit dans une logique de restauration du service public éducatif. Elle répond à une attente sociale forte, dans une province où l’accès à une éducation de qualité reste un défi. Le complexe scolaire La Renaissance, par sa taille et son histoire, occupe une place symbolique dans le paysage éducatif du Kasaï-Central. Sa remise en service pourrait contribuer à stabiliser la scolarité de milliers d’enfants et à renforcer la confiance des citoyens dans les institutions publiques.
Reste à savoir si les conditions de fonctionnement seront à la hauteur des attentes. La capacité d’accueil annoncée devra s’accompagner d’un suivi régulier des infrastructures et d’un approvisionnement suffisant en matériel pédagogique. Pour l’heure, la réouverture du complexe scolaire La Renaissance apparaît comme une étape importante, mais elle ne constitue qu’un premier pas vers une amélioration durable de l’éducation à Kananga.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
