La rentrée scolaire 2026-2027 est fortement perturbée dans plusieurs localités de la sous-division éducationnelle Walikale 3, dans la province éducationnelle Nord-Kivu 3. À Banakindi, Banamulema et Balindu, en groupement Kisimba, les élèves n’ont pas repris le chemin de l’école. La veille de la rentrée, des affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les FARDC appuyées par les wazalendo ont poussé de nombreuses familles à fuir. Parents, élèves et enseignants ont quitté leurs villages pour se mettre à l’abri, certains en brousse, d’autres vers Pinga ou Kalembe.
Cette situation compromet la reprise normale des activités scolaires. Pour les familles déplacées, la priorité est désormais la survie, alors que les moyens financiers pour assurer la scolarité des enfants font défaut. Un parent réfugié à Pinga témoigne : « Nous avons fui avec nos enfants sans pouvoir emporter grand-chose. Aujourd’hui, nous ne savons même pas où nous allons dormir ni comment trouver à manger. Dans ces conditions, il nous est difficile de penser aux frais scolaires, aux uniformes ou aux fournitures. Nous souhaitons que la paix revienne afin que nos enfants puissent retourner à l’école. »
Des écoles d’accueil sous pression à Pinga
À Pinga, certaines écoles accueillent déjà des enfants déplacés en provenance des zones affectées par les combats. Le chef d’établissement secondaire de Kabeza explique que l’arrivée de ces élèves pose des défis aux écoles d’accueil. « Nous sommes disposés à accueillir les enfants déplacés pour leur permettre de poursuivre leur année scolaire. Mais leur prise en charge n’est pas facile, car certains arrivent sans fournitures scolaires et leurs parents n’ont pas les moyens de répondre à leurs besoins. Nous demandons un accompagnement pour que ces enfants ne soient pas abandonnés à cause de la guerre. »
Des consignes pour les familles déplacées
Face à cette situation, les autorités éducatives de la sous-division Walikale 3 encouragent les parents déplacés à inscrire leurs enfants dans les écoles situées dans leurs zones de refuge, notamment à Pinga et à Kalembe, afin qu’ils puissent poursuivre leur scolarité. Le défi reste toutefois majeur pour les familles qui se sont réfugiées dans la brousse avec leurs enfants. Sans accès régulier aux écoles, aux moyens de subsistance et aux services essentiels, l’avenir scolaire de ces élèves demeure incertain.
Cette perturbation de la rentrée scolaire illustre les conséquences directes des affrontements sur l’accès à l’éducation dans la région. Les déplacements forcés privent les enfants de leur cadre d’apprentissage habituel et créent une pression supplémentaire sur les structures d’accueil. Les autorités éducatives tentent d’organiser une continuité pédagogique, mais les conditions de vie précaires des familles déplacées compliquent la mise en œuvre de ces mesures. La reprise des cours dépendra en grande partie de l’évolution de la situation sécuritaire et de la capacité des communautés à retrouver une stabilité minimale.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
