La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a annoncé, jeudi 23 juillet à Kisangani, un déblocage de 50 millions de dollars américains par le Gouvernement congolais pour renforcer la riposte contre la maladie à virus Ebola sur l’ensemble du territoire national. Cette somme vient compléter environ un milliard de dollars déjà mobilisés par les partenaires, selon la Primature. L’annonce a été faite lors d’une réunion de haut niveau consacrée à la lutte contre l’épidémie, dans le cadre d’une mission de la Cheffe du Gouvernement dans l’espace Grande Orientale.
Un laboratoire provincial bientôt opérationnel pour des analyses locales
Dans la province de la Tshopo, la Première Ministre a insisté sur la nécessité de rendre rapidement fonctionnel le nouveau laboratoire provincial, dont l’inauguration est prévue d’ici une semaine. « Cela va permettre d’assurer que toutes les analyses sur les cas d’Ebola soient réalisées au niveau de Kisangani sans dépendre de l’INRB Kinshasa », a-t-elle expliqué. Cette autonomie diagnostique vise à réduire les délais de confirmation des cas suspects, un facteur clé pour isoler rapidement les malades et freiner la transmission. Le laboratoire, qui traite également les analyses liées à la Mpox et à la Covid-19, a été visité par Judith Suminwa Tuluka avant son départ de Kisangani.
Des relais communautaires formés pour détecter les cas suspects
Pour renforcer l’engagement communautaire, la Première Ministre a annoncé la formation de relais communautaires chargés de détecter rapidement les cas suspects. Ces acteurs de proximité joueront un rôle essentiel dans l’identification précoce des personnes présentant des symptômes, permettant une prise en charge plus rapide et une limitation des contacts à risque. Cette approche s’appuie sur une meilleure sensibilisation des populations, que Judith Suminwa Tuluka a présentée comme un signe encourageant malgré la hausse du nombre de cas.
Un vaccin adapté à la nouvelle variante en cours d’élaboration
Sur le front de la recherche, la Première Ministre a rassuré que les travaux sur un vaccin adapté à la nouvelle variante du virus progressent sous la coordination du professeur Jean-Jacques Muyembe. Cette annonce répond à une préoccupation majeure : l’efficacité des vaccins existants face aux mutations du virus. Disposer d’un vaccin ciblant spécifiquement la souche en circulation pourrait améliorer la protection des communautés exposées et renforcer la stratégie de riposte à long terme.
Ne pas céder à la panique : l’importance du dépistage précoce
Face à l’augmentation du nombre de cas, la Première Ministre a appelé la population à ne pas céder à la panique. Elle a estimé que cette évolution traduit une meilleure sensibilisation des communautés. « Avoir plus de cas d’Ebola ne signifie pas la catastrophe. Au contraire, le fait d’avoir plus de cas veut dire que la sensibilisation marche et que les personnes atteintes arrivent rapidement dans les centres de santé. Plus les gens arriveront tôt et moins on aura de décès, parce qu’on pourra les prendre en charge le plus rapidement possible », a-t-elle souligné. Elle a également insisté sur l’importance du dépistage précoce après tout contact à risque, un geste simple qui peut sauver des vies en permettant une intervention médicale rapide.
À travers cette mission, le Gouvernement entend être au plus près des communautés touchées ainsi que des équipes soignantes et de l’ensemble des acteurs mobilisés dans la riposte. L’objectif est de donner un coup d’accélération et de renforcer la coordination sur le terrain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
