La réhabilitation de la route Kanzombi à Kikwit, dans la province du Kwilu, est compromise par des actes de détournement présumés. Le Cadre de concertation de la société civile du Kwilu a rendu publiques des informations faisant état de ventes frauduleuses de carburant et de ciment par des employés de l’entreprise DK Service, chargée des travaux. Ces pratiques, si elles sont avérées, constituent un frein direct à la lutte contre l’érosion qui menace la ville et privent la population d’une infrastructure routière essentielle.
Un détournement de matériaux documenté par la société civile
Selon les éléments recueillis par le réseau associatif local, des chauffeurs et agents de DK Service se livreraient à la revente illicite de carburants et de sacs de ciment normalement affectés au chantier. Le président du Cadre de concertation, Placide Mokwa, a fait part de sa consternation face à ces agissements. Il a déclaré : « Les travaux de la route Kanzombi ont commencé, mais nous apprenons des nos amis qui sont sur place que les chauffeurs se donnent à la vente des carburants et certains autres à la vente du ciment. C’est quelque chose que nous déplorons. »
Ces détournements ne sont pas de simples manquements disciplinaires : ils portent atteinte à un projet d’intérêt public. La route Kanzombi est un axe stratégique pour la mobilité urbaine et la stabilisation des sols dans une zone sujette aux ravinements. La disparition de ces matériaux retarde les travaux et accroît la vulnérabilité des riverains face aux risques d’érosion.
Un appel à la conscience citoyenne et à la vigilance
Placide Mokwa a souligné la contradiction fondamentale entre la demande de réhabilitation et le sabotage des efforts par ces ventes. Il a insisté : « On ne doit pas prendre les carburants destinés à construire la route de Kanzombi, à combattre les ravins dans la ville de Kikwit et commencer à les vendre. Ça, c’est demander une chose et son contraire. »
Au-delà de la dénonciation, le président de la société civile a lancé un appel à la responsabilité collective. Il a exhorté les habitants à ne pas acquérir ces matériaux issus du vol, rappelant que leur achat alimente un circuit parallèle préjudiciable à toute la communauté. Il a également invité ses collègues à sensibiliser la population pour que de telles pratiques cessent et que les récalcitrants soient dénoncés à la police et au parquet.
Des poursuites judiciaires exigées pour garantir l’achèvement des travaux
Face à la gravité des faits, la société civile du Kwilu réclame une intervention immédiate des autorités compétentes. Des enquêtes administratives et judiciaires sont sollicitées afin d’identifier l’ensemble de la chaîne de complicité, de traduire les auteurs de ces actes inciviques devant la justice et de garantir la finalisation effective des travaux routiers.
L’objectif est double : mettre fin à l’impunité qui entoure ces détournements et assurer la bonne utilisation des fonds publics alloués à ce projet. La route Kanzombi est présentée comme un rempart contre l’érosion, et son achèvement dans les délais est crucial pour la sécurité des infrastructures et des populations de Kikwit. La société civile entend maintenir la pression pour que les responsabilités soient établies et que le chantier puisse reprendre dans des conditions transparentes.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
