AccueilActualitéEnvironnementKinshasa : quand les rivières polluées menacent la santé des habitants

Kinshasa : quand les rivières polluées menacent la santé des habitants

À Kinshasa, la dégradation des rivières est devenue un problème de santé publique aussi discret que persistant. Les cours d’eau Makelele, Kalamu, Gombe et Ndjili, qui traversent la capitale congolaise, sont quotidiennement transformés en dépotoirs par des tonnes de sachets plastiques, de bouteilles usagées, d’ordures ménagères et de défécations humaines. Cette pollution ne se limite pas à une nuisance visuelle ou olfactive : elle contamine les ressources en eau et expose des millions de Kinois à des risques sanitaires évitables.

Un engrenage entre défaillance urbaine et gestes quotidiens

La transformation des rivières en poubelles à ciel ouvert s’explique d’abord par une gestion urbaine défaillante. L’absence d’infrastructures adaptées et de circuits de collecte des déchets laisse les habitants sans solution officielle pour se débarrasser de leurs ordures. Mais le facteur humain aggrave ce vide structurel. Le Professeur Jacques Munoka Mondo, expert des questions environnementales, décrit un déficit de conscience environnementale : « Les citoyens ignorent la conscience environnementale sur ce qu’ils doivent faire. Vous allez voir dans certaines familles, ils ont même branché les tuyaux de leurs toilettes directement dans la rivière. C’est un problème de conscience. » Ces rejets domestiques non traités accélèrent la destruction des écosystèmes aquatiques et rendent l’eau impropre à tout usage.

Comment la pollution de l’eau affecte la santé des riverains

Au-delà de la dégradation des paysages et de la disparition de la faune et de la flore aquatiques, le danger le plus préoccupant est sanitaire. Le Professeur Munoka Mondo met en garde : « La pollution des eaux par les déchets constitue une menace directe pour la santé humaine, notamment par la propagation des maladies hydriques et l’accumulation de substances toxiques. » Concrètement, les populations riveraines, souvent privées d’accès à l’eau potable, utilisent cette eau contaminée pour boire, cuisiner ou se laver. Les germes présents dans les déjections humaines et les déchets en décomposition peuvent provoquer des diarrhées sévères, le choléra ou la typhoïde. Les enfants, dont le système immunitaire est plus fragile, sont particulièrement vulnérables. L’accumulation de substances toxiques issues des plastiques et autres détritus peut aussi entraîner des effets à long terme sur l’organisme.

Des gestes concrets pour protéger les rivières et la santé

Face à cette crise, les experts insistent sur la nécessité d’une réponse structurelle et durable. Il ne suffit pas de nettoyer ponctuellement les rivières ; il faut un plan d’assainissement urbain rigoureux, incluant la mise en place de circuits de collecte et de traitement des déchets. Parallèlement, des campagnes de sensibilisation doivent encourager chaque habitant à modifier ses habitudes. Parmi les éco-gestes à adopter : ne plus jeter d’ordures dans les cours d’eau, raccorder correctement les toilettes au réseau d’égouts quand il existe, ou encore trier les déchets lorsque des filières de recyclage sont disponibles. Protéger les rivières de Kinshasa, c’est avant tout préserver la santé de tous les Kinois, en réduisant l’exposition aux maladies hydriques et en garantissant un environnement plus sain pour les générations futures.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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