Depuis près d’une semaine, les habitants de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, font face à une flambée soudaine des prix du carburant. Le litre d’essence et de gasoil est passé de 4 000 à 4 500 francs congolais à 6 000 francs congolais, une hausse qui pèse lourdement sur le quotidien des ménages et des opérateurs économiques. Cette augmentation trouve son origine dans des facteurs à la fois internationaux et logistiques, qui perturbent l’approvisionnement de la région.
Les causes d’une flambée venue de loin
Selon Kalengayi Wazembele, président de l’Association des importateurs des produits pétroliers du Kasaï, deux raisons principales expliquent cette situation. La première est liée au contexte géopolitique mondial : les tensions entre les États-Unis et l’Iran perturbent les marchés pétroliers. La seconde est l’interdiction du trafic maritime, qui réduit les volumes disponibles. À cela s’ajoute un blocage du transport depuis l’Angola, qui accentue la pénurie et la flambée des prix. Le stock qui était sur le marché est en train de diminuer, ce qui crée une pression immédiate sur les prix à la pompe.
Un impact direct sur les tarifs du transport
La hausse du carburant se répercute immédiatement sur les coûts de déplacement. Un trajet vers l’aéroport, qui coûtait habituellement 2 000 francs congolais, est désormais facturé 3 500 francs congolais. Cette augmentation touche tous les usagers, qu’ils soient clients occasionnels ou travailleurs dépendant des transports pour leurs activités. Les conducteurs de moto, nombreux à Mbuji-Mayi, sont en première ligne. Samy Kabalu, conducteur de moto, témoigne des difficultés rencontrées : « Les clients refusent les prix. Je ne parviens pas à réunir l’argent pour le versement. »
Des budgets familiaux déséquilibrés
Pour les habitants, cette hausse se traduit par un déséquilibre des budgets familiaux. Francklin Ipolo, un client, raconte : « Je devrais aller à l’aéroport, j’ai l’habitude de payer 2 000 FC. J’étais obligé de payer 3 500 FC. » Ce surcoût imprévu oblige les ménages à revoir leurs dépenses, dans un contexte où les revenus restent souvent stables. Les petits commerçants et les travailleurs journaliers, qui utilisent les motos-taxis pour leurs déplacements professionnels, voient leurs marges se réduire.
Une pénurie qui menace l’activité économique locale
La diminution des stocks de carburant fait craindre une aggravation de la situation si les approvisionnements ne reprennent pas rapidement. Le blocage du transport depuis l’Angola et les perturbations du trafic maritime pourraient prolonger la pénurie, avec des conséquences en chaîne sur les prix des biens de première nécessité. À Mbuji-Mayi, où l’économie repose en grande partie sur les échanges et les services, la flambée du carburant risque de freiner l’activité et d’accentuer les difficultés des populations les plus vulnérables.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
