Sept cas de noyade et 56 recrutements d’enfants par des groupes armés ont été documentés en dix jours à Walikale, dans la province du Nord-Kivu, selon un rapport de l’ONG Groupe d’action pour la protection de l’enfance (GAPE). Ces chiffres, communiqués par le coordonnateur Bams Bayomba Mishiki, illustrent les menaces persistantes qui pèsent sur les mineurs durant les vacances scolaires.
Un bilan alarmant en pleine période de vacances
Depuis le 28 juin, le GAPE a recensé sept noyades dans différentes localités du territoire de Walikale. Trois cas sont survenus à Walikale centre, dans les rivières Lowa et Kuya, deux à Hombo, un à Byungu dans la rivière Makoma, et un à Pinga. Parallèlement, avant la clôture de l’année scolaire le 2 juillet, au moins 56 enfants avaient déjà intégré des forces et groupes armés, selon les données de l’organisation. Ces incidents surviennent alors que les enfants, livrés à eux-mêmes pendant les vacances, sont exposés à des risques accrus dans une région marquée par l’insécurité et la présence de groupes armés.
Le délaissement des enfants, facteur aggravant
Bams Bayomba Mishiki pointe un délaissement des enfants durant cette période des grandes vacances, qui s’étend de juillet à septembre 2026. L’ONG mène des actions de sensibilisation auprès des parents pour renforcer la protection de l’enfance. La présence de nombreux sites miniers dans la région, qui attirent les mineurs, pourrait aggraver la situation, selon le coordonnateur. En effet, ces sites offrent des opportunités économiques illusoires qui exposent les jeunes à des conditions de travail dangereuses et à des risques d’exploitation, les éloignant ainsi du cadre protecteur de la famille et de l’école.
Un plaidoyer pour le retour à l’école et en famille
Le GAPE intensifie son plaidoyer auprès des autorités politiques et administratives. « La place des enfants, c’est à l’école et en famille, mais ce n’est pas dans les sites miniers ou dans les groupes armés », a déclaré Bams Bayomba Mishiki. L’organisation a mis en place des espaces amis d’enfants à Walikale centre, Hombo et Itebero, afin d’occuper les jeunes durant les vacances et de les tenir à l’écart des dangers. Ces structures offrent des activités encadrées qui visent à prévenir les noyades et les recrutements forcés, en proposant une alternative aux environnements à risque. Le coordonnateur insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective pour garantir la sécurité des enfants, rappelant que la responsabilité incombe à la fois aux familles et aux institutions publiques.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
