La présence de combattants Wazalendo dans plusieurs carrés miniers du groupement de Bakaeku, en territoire de Mambasa (Ituri), suscite une vive inquiétude. Selon des acteurs de la société civile, cette situation crée une confusion avec les rebelles ADF et aggrave l’insécurité dans une zone déjà éprouvée par les attaques de ce mouvement armé. L’Association pour la protection des enfants et des femmes vulnérables (APEFV), antenne de Mambasa, a documenté la présence de ces hommes armés dans les localités de Pangoyi, Lulumo, Itembo et Pakapela.
Des taxes imposées avant la disparition des combattants
D’après l’APEFV, les Wazalendo imposent des taxes aux habitants avant de se retirer, laissant les populations exposées aux représailles des ADF. Ce mode opératoire a été constaté à plusieurs reprises, sans que les sources ne précisent le montant ou la nature exacte de ces prélèvements. La disparition soudaine de ces combattants après la perception des taxes accentue la vulnérabilité des civils, qui se retrouvent sans protection face aux incursions rebelles. Cette pratique alimente un climat de peur permanent, les habitants redoutant à la fois les exactions des Wazalendo et les attaques des ADF, souvent attribuées à tort aux premiers en raison de la confusion entretenue par leur présence intermittente.
Un exode massif après l’attaque de Pangoyi
La récente attaque de Pangoyi, attribuée aux ADF, a fait au moins cinq morts et plusieurs disparus. Cet événement a provoqué un déplacement important de populations vers Biakato, Luemba, Mambasa-Centre et d’autres localités jugées plus sûres. Des commerçants ont fui avec leurs marchandises, tandis que d’autres habitants ont abandonné leurs biens. Ce mouvement de population entraîne un ralentissement des activités économiques et aggrave la précarité des ménages déplacés. L’exode massif a également perturbé les circuits d’approvisionnement locaux, les marchés étant désertés et les champs laissés en friche, ce qui fait craindre une insécurité alimentaire accrue dans les semaines à venir.
Un appel au déploiement des forces de sécurité
Face à cette dégradation sécuritaire, la société civile exhorte les autorités à renforcer la présence des forces de défense et de sécurité. « Nous pensons que c’est le moment pour les autorités militaires de déployer rapidement les militaires et la police afin de sécuriser cette zone. Nous ne voulons plus de la présence des Wazalendo dans le territoire de Mambasa, parce que leur présence crée la confusion avec les ADF », a déclaré un acteur de la société civile. L’administrateur du territoire de Mambasa avait annoncé, il y a quelques jours, la préparation d’opérations militaires de grande envergure par les FARDC, avec l’appui des partenaires du Gouvernement, pour rétablir la sécurité dans cette partie de l’Ituri. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué, ce qui suscite des interrogations sur la capacité des forces armées à intervenir rapidement dans une zone où la confusion entre groupes armés complique les opérations de sécurisation.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
