Le stade résonne encore du coup de sifflet final. Aaron Wan-Bissaka quitte la pelouse, le regard droit, sans un mot. Le latéral congolais vient de livrer un Mondial de patron, achevé sans avoir été dribblé une seule fois en quatre matches. Un chiffre brut, presque irréel, qui raconte à lui seul la solidité des Léopards durant cette Coupe du Monde 2026.
Un mur infranchissable
Face au Portugal, à la Colombie, à l’Ouzbékistan puis à l’Angleterre, aucun adversaire n’a réussi à éliminer Wan-Bissaka en un contre un. Contre les Three Lions, son pays de naissance, il a muselé Marcus Rashford avant de poursuivre son travail défensif face aux entrants. Récupérations, duels gagnés, interventions propres : le joueur a multiplié les gestes justes. Offensivement, il n’a pas été en reste. À la 42e minute, son centre précis trouve Yoane Wissa dans la surface. La reprise de l’attaquant heurte le poteau extérieur de Jordan Pickford. Quelques instants plus tôt, Brian Cipenga avait ouvert le score sur un service de Chancel Mbemba.
Une défense taillée pour l’exploit
Pendant plus d’une heure, l’arrière-garde congolaise a tenu bon. Axel Tuanzebe dans l’axe, Chancel Mbemba en patron, Lionel Mpasi auteur de parades décisives : tout un bloc a fait douter l’une des équipes favorites du tournoi. L’Angleterre a fini par renverser la rencontre grâce à un doublé de Harry Kane, mais le plan de Sébastien Desabre a longtemps fonctionné. Cinq titulaires alignés évoluent ou ont évolué en Premier League : Wan-Bissaka, Tuanzebe, Arthur Masuaku, Noah Sadiki et Yoane Wissa. Une expérience qui a permis aux Léopards de regarder les Three Lions dans les yeux.
« Nous nous sommes battus comme des hommes »
Au coup de sifflet final, la déception est immense, mais la fierté domine. Le capitaine Chancel Mbemba a salué l’état d’esprit du groupe : « Bravo à toute l’équipe et au coach, car tout le peuple congolais est fier de nous. Nous nous sommes battus comme des hommes. Nous avons montré nos capacités. » Sébastien Desabre a lui aussi rendu hommage à ses joueurs : « On a fait un bon match. Malheureusement, l’un des meilleurs joueurs du monde a marqué deux buts. C’est dommage. » Le sélectionneur retient surtout l’image laissée par son équipe : « On s’est battus à l’image du peuple congolais. Je pense qu’on a proposé un beau football aujourd’hui face à l’une des meilleures équipes du monde. »
Un tremplin pour l’avenir
Cette élimination en seizièmes de finale n’efface pas le parcours historique des Léopards. Pour leur première Coupe du Monde depuis 1974, ils ont signé la plus belle campagne de leur histoire. « C’est le moment de féliciter les joueurs, qui ont montré qu’ils étaient capables de rivaliser face à des équipes de ce niveau. Le football congolais se construit aussi à travers ce genre de rencontres », a ajouté Desabre. Il reconnaît un petit manque d’expérience dans les derniers instants, mais voit plus loin : « On apprend, on continue de progresser et on poursuit notre route avec sérénité. » La performance défensive de Wan-Bissaka, symbole de cette solidité, restera comme l’une des images fortes du tournoi. Aucun dribble subi en quatre matches : un record qui en dit long sur le potentiel de cette génération.
Article Ecrit par Miché Mikito
Sources: Actualite.cd, footrdc.com
