À Fungurume, dans le Lualaba, la société civile alerte sur des tirs nourris entendus presque chaque jour autour de la concession de Tenke Fungurume Mining. Dans une déclaration faite mardi 30 juin 2026, le cadre de concertation de la société civile de cette commune affirme que des habitants ont été blessés par des balles perdues dans certains quartiers.
La structure citoyenne attribue ces crépitements aux opérations menées pour empêcher l’entrée de creuseurs artisanaux clandestins dans la concession minière. Elle cite des gardes chargés de la protection du site, ainsi que des éléments de la police des mines et des militaires des FARDC affectés à la sécurisation de la concession de TFM. Selon elle, ces forces tireraient à balles réelles pour disperser les creuseurs qui s’introduisent sur le site afin de voler des minerais.
Les blocs BCP les plus exposés
La société civile de Fungurume désigne les blocs BCP, situés dans les quartiers Mwelapande, Mutende et Dipeta, comme les secteurs les plus exposés. Ces zones d’habitation seraient touchées par les balles perdues lorsque les tirs éclatent dans ou autour de la concession minière.
Le constat présenté par la structure citoyenne reste centré sur la sécurité immédiate des habitants. Elle évoque une psychose dans la population locale, sans fournir de bilan chiffré sur le nombre de personnes blessées. Les cas signalés concernent des habitants atteints par des balles perdues, dans un contexte où les tirs seraient devenus fréquents.
Des habitants disent vivre sous la menace
La déclaration de la société civile est appuyée par des témoignages d’habitants. L’un d’eux décrit une situation devenue difficile pour les familles. « Il y a de plus en plus de coups de feu. Nous avons des petits enfants qui sont exposés. Nous manquons de paix. Dès que les balles commencent à crépiter, nous nous réfugions dans nos maisons. Que les autorités trouvent une solution. »
Un autre habitant parle d’une « insécurité totale ». Il dénonce des tirs répétés et affirme que les balles sifflent et percent les toitures des maisons. Ces propos traduisent l’inquiétude d’une partie de la population, confrontée à des incidents qui touchent directement les quartiers riverains de la concession.
TFM et les autorités sans réaction enregistrée
Jusqu’à présent, aucune réaction n’a été enregistrée du côté des responsables de Tenke Fungurume Mining. La bourgmestre de Fungurume et les autorités provinciales ne se sont pas non plus exprimées sur cette alerte de la société civile.
Cette absence de prise de parole publique laisse en suspens plusieurs points. La société civile demande une intervention rapide des autorités, mais aucun calendrier, aucune mesure et aucune clarification officielle ne sont rapportés à ce stade. Les responsabilités précises dans chaque incident restent donc à établir par les autorités compétentes.
Les creuseurs artisanaux sans zone dédiée
La société civile rappelle aussi que les creuseurs artisanaux ne disposent pas de zones d’exploitation dédiées. D’après elle, cette absence d’alternative les pousse à pénétrer clandestinement dans la concession de TFM, qu’ils considèrent comme leur principal moyen de subsistance.
Le dossier met ainsi en face deux impératifs mentionnés localement : la sécurisation d’un site minier et la protection des habitants des quartiers voisins. Pour la société civile de Fungurume, l’urgence porte d’abord sur l’arrêt des tirs qui exposent la population. Toute suite institutionnelle devra, selon les faits rapportés, tenir compte à la fois de la sécurité publique et de la question non résolue des creuseurs artisanaux.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
