Au site de Kigonze, dans la ville de Bunia, huit décès de déplacés ont été enregistrés depuis samedi 27 juin. Certains malades sont morts sur le site, d’autres après leur transfert dans des structures sanitaires, dont le centre de traitement d’Ebola Elikya. Pour les responsables du site, l’enjeu immédiat est double : comprendre les causes exactes de ces décès et renforcer les gestes simples qui peuvent limiter les risques sanitaires dans un espace très peuplé.
La situation inquiète parce qu’elle s’est concentrée sur trois jours. Les gestionnaires du site rapportent trois décès samedi, trois autres dimanche, puis deux lundi. Parmi les personnes décédées figurent notamment un patient admis au Centre médical évangélique, une personne transférée dans une structure sanitaire, ainsi qu’un malade pris en charge au centre de traitement d’Ebola Elikya à Bunia. Ces décès successifs touchent un site qui accueille plus de 17 000 déplacés, en majorité des femmes et des enfants.
Huit décès en trois jours à Kigonze
Le chiffre de huit décès déplacés en trois jours donne la mesure de la préoccupation exprimée par les gestionnaires du site. Il ne permet pas, à lui seul, de conclure sur une cause commune. C’est précisément ce point qui rend la gestion sanitaire plus délicate : les responsables affirment ne pas recevoir de manière systématique les résultats des analyses réalisées après les décès.
Dans un contexte où la crainte des maladies contagieuses, notamment Ebola, reste présente, l’information médicale est un outil pratique. Elle aide à orienter les mesures de prévention, à adapter les messages transmis aux familles et à éviter que la peur ne remplace les consignes utiles. Les gestionnaires estiment que ces informations sont essentielles pour guider les actions et rassurer la population.
Pourquoi les résultats d’analyses comptent
Lorsqu’un décès survient dans un site de déplacés, les analyses permettent de distinguer les situations qui exigent des mesures spécifiques de celles qui relèvent d’une autre prise en charge. Sans communication claire sur les causes exactes, les responsables du site disent avoir plus de difficulté à organiser les réponses adaptées. Cette incertitude peut aussi nourrir la méfiance des habitants envers les équipes sanitaires.
Le problème n’est donc pas seulement médical. Il concerne aussi la coordination entre les structures de santé et les gestionnaires du site de Kigonze. Une information transmise rapidement et de façon compréhensible peut faciliter l’acceptation des consignes, en particulier lorsqu’il faut éviter la manipulation des corps sans précaution ou respecter des procédures d’inhumation sécurisée.
Les gestes barrières à renforcer
Face à la situation, les équipes de riposte ont intensifié les actions de sensibilisation. Le but est de réduire la résistance observée chez certains déplacés et d’encourager l’application des mesures barrières. Les pratiques citées comme préoccupantes sont le non-respect des gestes d’hygiène, la manipulation des corps des personnes décédées sans précaution et la réticence à collaborer avec les équipes sanitaires.
Des relais communautaires ont été formés pour expliquer l’importance des mesures de prévention et du respect des procédures d’inhumation sécurisée. Cette approche de proximité est importante dans un site où les habitants doivent comprendre non seulement ce qu’il faut faire, mais aussi pourquoi ces gestes protègent les familles. Plusieurs points de lavage des mains ont également été installés à différents endroits du site afin d’encourager des pratiques d’hygiène régulières.
Des moyens jugés encore insuffisants
Malgré ces actions, les responsables du site considèrent que les moyens disponibles ne répondent pas encore à l’ampleur des besoins. La promiscuité et la précarité des infrastructures peuvent augmenter les risques de propagation des maladies, surtout dans un espace qui rassemble plus de 17 000 personnes déplacées. Dans ces conditions, l’accès à l’information, aux dispositifs d’hygiène et à une coordination sanitaire régulière devient essentiel.
Les gestionnaires appellent donc à un renforcement urgent des dispositifs sanitaires et à une meilleure circulation des informations entre les structures de santé et les responsables du site. À ce stade, les causes exactes des décès ne sont pas établies dans les informations disponibles. La réponse attendue repose sur des mesures pratiques : informer clairement, maintenir l’hygiène, respecter les procédures sanitaires et soutenir les équipes qui travaillent auprès des déplacés à Kigonze.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
