Quatre villages du territoire de Fungurume, dans la province du Lualaba, subiraient les effets d’émanations toxiques provenant des usines 10 et 11K de Tenge Fungurume Mining (TFM). C’est ce qu’affirme la plateforme de la société civile CASMIA G, qui pointe une dégradation marquée des conditions de vie et de l’activité agricole locale. L’organisation a rendu public un rapport de 21 pages, transmis dimanche 16 août 2026 à Radio Okapi, dans lequel elle détaille les conséquences de cette pollution présumée sur les populations riveraines.
Selon le document, les deux installations industrielles sont implantées à proximité immédiate des villages concernés. Les habitants feraient face à une baisse importante des rendements agricoles, à une détérioration rapide des infrastructures et à des nuisances sanitaires quotidiennes. Le coordonnateur national de CASMIA G, Shadrack Mukad, décrit une situation qui affecte directement les moyens de subsistance des ménages.
Une production agricole en net recul
Les cultures vivrières et maraîchères seraient les plus touchées. Shadrack Mukad évoque des pertes considérables pour les producteurs locaux. « Un champ de maïs qui produisait avant l’installation de ces usines, une superficie qui produisait 150 à 200 seaux de maïs. Aujourd’hui, il est difficile de produire ou de récolter dans cette superficie ne fut-ce que 25 seaux ou 30 seaux. C’est vraiment grave ! », a-t-il déclaré. Les choux, les aubergines et les bananiers connaîtraient également un déclin marqué, avec des plants qui ne parviennent plus à se développer normalement.
Cette chute de productivité a des répercussions directes sur l’économie des ménages, qui dépendent en grande partie de la vente de leurs récoltes. La baisse des volumes disponibles sur les marchés locaux pourrait aussi peser sur les prix et la sécurité alimentaire de la zone, même si le rapport ne fournit pas de données chiffrées sur ces aspects.
Des habitations et des sources d’eau affectées
Au-delà des cultures, les infrastructures des villages subiraient une usure accélérée. Les tôles des habitations se détérioreraient rapidement, obligeant les familles à les remplacer en moins de six mois. Cette situation représente une charge financière supplémentaire pour des ménages déjà fragilisés par la baisse des revenus agricoles.
Les sources d’eau utilisées par les femmes pour la lessive ou l’hygiène seraient également contaminées. Selon Shadrack Mukad, celles qui s’y rendent reviennent avec de graves démangeaisons. « Lorsque, le matin ou le soir, on allume ces fours ou ces usines, les gens doivent s’enfermer dans des maisons pendant deux ou trois heures, jusqu’à ce que la fumée disparaisse. Donc, ça chatouille, ça sent mauvais, même dans des maisons. Il y a un environnement malsain, un environnement invivable », a-t-il expliqué.
Des démarches restées sans réponse
CASMIA G affirme avoir alerté TFM au sujet de cette pollution présumée, sans obtenir de suite. L’organisation indique également avoir saisi les autorités provinciales du Lualaba. Selon elle, la gouverneure de province a réagi en instruisant quatre ministères de se rendre sur le terrain afin de vérifier les allégations contenues dans le rapport.
Contactée par Radio Okapi, l’entreprise TFM a promis de s’exprimer prochainement sur ce dossier. En attendant, les populations des quatre villages continuent de vivre avec les conséquences économiques et sanitaires décrites par la société civile. La vérification sur le terrain par les services provinciaux pourrait permettre d’établir les responsabilités et d’envisager des mesures correctives, mais aucune échéance n’a été communiquée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
