Douze radios communautaires disposent désormais de capacités renforcées pour produire des programmes susceptibles d’influencer les politiques publiques en RDC. Cette annonce a été faite samedi 27 juin à Kinshasa, lors de la présentation officielle des résultats du projet Pamoja. L’initiative, financée par l’Union européenne, a été conduite pendant quatre ans dans six provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Tanganyika, l’Ituri, la Tshopo et le Maniema.
Le bilan présenté met en avant une évolution du rôle des médias communautaires, au-delà de leur diffusion traditionnelle en FM. Les responsables du projet indiquent que les radios concernées ont été accompagnées vers des formats numériques, avec une production importante de contenus vidéo. Plus de 700 vidéos ont ainsi été produites durant la période de mise en œuvre, sur des sujets liés notamment à la gestion de l’environnement, à la justice sociale, à la participation citoyenne, à la paix et à la cohésion sociale.
Un bilan présenté à Kinshasa
La restitution organisée à Kinshasa a servi de cadre à la présentation des résultats obtenus par le projet Pamoja. Les responsables ont insisté sur la capacité acquise par les douze radios communautaires à concevoir des programmes tournés vers les préoccupations publiques. L’objectif affiché n’était pas seulement d’augmenter la production médiatique, mais de permettre aux communautés de porter leurs sujets dans des formats plus accessibles et plus diffusables.
Dans cette logique, la radio communautaire apparaît comme un relais local appelé à documenter les attentes, les tensions et les priorités sociales. Les thématiques traitées pendant les quatre années du projet indiquent une orientation vers des enjeux de responsabilité publique : environnement, justice sociale, paix, cohésion sociale et implication des citoyens. Aucun bilan chiffré sur les changements institutionnels obtenus n’a été présenté, mais les acteurs du projet estiment que les contenus produits peuvent peser dans le débat public.
Le numérique comme prolongement des radios
Pour Phladel Ngande, responsable du secteur média, l’un des objectifs était de faire évoluer le mode d’action des radios concernées. Il a expliqué : « Nous voulions que les radios cessent d’être uniquement diffusées sur FM, mais qu’elles profitent aussi des opportunités offertes par le numérique ». Cette orientation place le numérique comme un prolongement des antennes locales, sans effacer leur ancrage communautaire.
Le passage vers des supports digitaux a permis de produire des vidéos sur des sujets directement liés à la vie locale. Le dispositif a concerné six provinces de la RDC, avec une présence dans l’est, le centre et le nord-est du pays. Les informations rendues publiques ne détaillent pas la répartition des productions par province ni par radio, mais elles établissent un volume global de plus de 700 vidéos sur l’ensemble de la période.
Cette évolution répond aussi à une contrainte de portée. Une radio diffusée uniquement en FM reste liée à son bassin d’écoute. Les formats numériques peuvent, selon l’approche défendue par le projet, donner une circulation plus large aux préoccupations portées par les communautés. Cette appréciation reste attachée au bilan présenté par les responsables de Pamoja.
Des contenus orientés vers l’action publique
Les sujets abordés par les radios accompagnées relèvent de domaines où la décision publique est souvent attendue. La gestion de l’environnement, la justice sociale, la participation citoyenne, la paix et la cohésion sociale renvoient à des questions de responsabilité locale et institutionnelle. Le projet Pamoja a donc placé les médias communautaires dans une fonction de suivi et d’interpellation, à partir de productions destinées aux populations et aux autorités.
Benitha Ugentho, de la radio universitaire de Kisangani, a affirmé que les émissions produites avaient un effet sur les communautés locales. Elle a déclaré : « Les émissions qu’on fait donnent vraiment des impacts. On va continuer à les produire pour réveiller nos autorités et la population de Kisangani». Cette déclaration traduit la volonté de poursuivre le travail engagé, notamment à Kisangani, autour de contenus destinés à mobiliser les autorités et les citoyens.
Les éléments présentés ne précisent pas les mécanismes de suivi après la clôture de cette phase. Ils confirment toutefois que les radios concernées entendent maintenir une production liée aux préoccupations publiques. Dans une approche institutionnelle, cette continuité sera déterminante pour mesurer la place réelle de ces programmes dans le dialogue entre communautés, autorités et acteurs locaux.
La jeunesse au centre du dispositif
Max Bart Bale, de RFI Planète Radio, a mis en avant le rôle des jeunes dans la réussite du projet. Selon lui, « La réussite du projet repose sur l’implication de la jeunesse à travers des supports digitaux qu’elle maîtrise déjà. Pamoja est un exemple concret de la responsabilisation citoyenne à la base ». Cette lecture relie directement les outils numériques à l’engagement local, sans présenter ces supports comme une finalité en soi.
Le projet Pamoja, tel que présenté à Kinshasa, établit ainsi un constat précis : douze radios communautaires ont été accompagnées pendant quatre ans pour produire des contenus capables de porter des préoccupations locales dans l’espace public. Le financement de l’Union européenne a permis cette phase de structuration. Les suites dépendront désormais de la capacité des radios à poursuivre ces productions et à conserver un lien régulier avec les communautés qu’elles servent.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
