AccueilActualitéSantéA Ngalakaji, un centre de santé attendu près de Kananga

A Ngalakaji, un centre de santé attendu près de Kananga

A Ngalakaji, groupement situé à une quinzaine de kilomètres de Kananga, l’accès aux soins reste un problème quotidien. La localité ne dispose ni d’un centre de santé ni d’une maternité, alors que des milliers d’habitants doivent trouver une solution lorsqu’une maladie survient, lorsqu’une grossesse arrive à terme ou lorsqu’un enfant a besoin d’une prise en charge. Dans ce contexte, la distance devient un facteur important de risque, surtout pour les femmes enceintes et les nouveau-nés.

Ngalakaji sans structure de soins

Dans ce groupement, l’absence d’une structure sanitaire oblige les habitants à chercher des soins ailleurs. L’établissement le plus proche se trouve à Muamba-Mbuyi, à plus de cinq kilomètres. Pour une personne malade, cette distance peut devenir difficile à parcourir. Pour une femme enceinte en travail, elle peut rendre l’accouchement encore plus incertain.

Le représentant du chef du groupement, Marcel Kadima, résume cette difficulté en des termes simples : « Nous éprouvons de grandes difficultés pour accéder aux soins de santé de proximité. Le centre de santé le plus proche est situé à une longue distance ». Son témoignage montre que le problème ne concerne pas seulement un cas isolé, mais l’organisation même de l’accès aux soins dans cette partie proche de Kananga.

Faute de centre de santé dans la localité, certains habitants se tournent vers les plantes médicinales ou l’automédication. Ces pratiques traduisent surtout l’absence d’alternative immédiate. En matière de santé, un soin de proximité permet normalement une première évaluation, une orientation et une prise en charge plus rapide. Quand cette étape manque, les ménages doivent décider seuls, souvent dans l’urgence.

Les femmes enceintes en première ligne

La santé maternelle est l’un des points les plus sensibles à Ngalakaji. Une grossesse nécessite un suivi et, au moment de l’accouchement, la présence d’un personnel qualifié peut être déterminante. Or, dans cette localité, certaines femmes accouchent à domicile ou en chemin, faute de pouvoir atteindre à temps un centre de santé.

Le cas d’Elysée Mushiya illustre cette réalité. Elle raconte : « Je me rendais à Muamba-Mbuyi pour accoucher. Arrivée à Mpanga, en pleine brousse, j’ai mis au monde. Faute de sage-femme, mon bébé est mort. Je suis rentrée les mains vides ». Ce témoignage met en évidence une chaîne simple : l’éloignement du service de santé retarde l’assistance, et ce retard peut exposer la mère et le nouveau-né à des risques graves.

Dans une zone sans maternité, la marche vers un autre village devient une étape imposée. Elle est encore plus pénible lorsqu’elle intervient pendant le travail. Pour les familles, cela signifie aussi qu’il faut anticiper le déplacement, trouver de l’aide et supporter l’incertitude du trajet. La situation documentée à Ngalakaji montre ainsi comment l’absence d’un service de base peut peser directement sur la sécurité des accouchements.

Un chantier attendu par les habitants

Face à cette situation, un bienfaiteur a lancé les travaux de construction d’un centre de santé moderne dans la localité. Le chantier est prévu pour durer quatre mois. Cette construction sanitaire est présentée comme une réponse concrète au besoin de rapprocher les habitants des services de santé.

Un centre de santé sur place peut changer plusieurs aspects pratiques de la prise en charge. Les habitants n’auraient plus à parcourir de longues distances pour une consultation de base. Les femmes enceintes pourraient également espérer un accès plus proche à un cadre d’accouchement. Il s’agit toutefois d’un chantier en cours : ses effets dépendront de l’achèvement des travaux et de la mise en service effective de la structure.

Pour Ngalakaji, l’enjeu est donc immédiat et très concret. La population attend un lieu où recevoir des soins de proximité, dans une localité qui en est dépourvue. En attendant la fin des travaux annoncés, les habitants continuent de dépendre de Muamba-Mbuyi et des solutions disponibles autour d’eux, avec les difficultés déjà décrites par les responsables locaux et les femmes concernées.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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