Le déploiement de la Force d’intervention rapide de la MONUSCO à Mambasa, dans la province de l’Ituri, est accueilli comme un appui attendu par une population exposée depuis plusieurs mois aux attaques des ADF. La société civile locale a salué cette présence dimanche 28 juin 2026, au terme d’échanges avec une délégation mixte de la mission onusienne arrivée à Mambasa-Centre depuis mardi dernier.
Cette présence intervient dans un territoire où la pression sécuritaire reste forte. Depuis près de quatre mois, Mambasa fait face à des attaques répétées attribuées aux rebelles des ADF. Selon des sources locales, des dizaines de villages ont été visés. Le bilan avancé fait état de plus de 150 personnes tuées, d’importants dégâts matériels et du déplacement de milliers d’habitants.
La MONUSCO attendue à Mambasa
Pour les acteurs locaux, l’arrivée des casques bleus constitue un renfort dans un contexte où les militaires des FARDC sont déjà engagés contre les groupes armés. La société civile Forces vives de Mambasa présente cette présence comme un appui important pour améliorer la sécurité dans la région et soutenir la lutte contre les ADF.
Son coordonnateur, Mungeni Yuma, a exprimé cette attente en des termes directs. « Nous saluons l’arrivée de la MONUSCO à Mambasa, surtout la force qui vient répondre à notre besoin. Mambasa est sous la menace de l’ennemi ADF. Avec l’arrivée de la force de la MONUSCO, Mambasa sera sauvé. »
Cette appréciation a été relayée lors des échanges entre la délégation de la MONUSCO et différentes couches de la population. Les discussions ont porté sur les attentes locales face à la dégradation de la situation sécuritaire dans cette partie de l’Ituri.
Les habitants demandent des réponses rapides
L’appui attendu ne se limite pas à la présence militaire. Les représentants de la population insistent aussi sur la qualité de la réponse aux alertes. Ils se disent prêts à renforcer leur collaboration avec les services de sécurité, notamment par la dénonciation de tout mouvement suspect, afin de faciliter les opérations contre les ADF.
Mais cette collaboration reste liée à une demande précise : une réaction plus rapide et plus efficace des forces engagées sur le terrain. Marie-Noëlle Anotane, de la Nouvelle Société civile du Congo, résume cette préoccupation. « Nous sommes censés collaborer avec les services de sécurité pour que les choses marchent. Nous l’avons toujours fait. Mais, malheureusement, les réactions sont timides ou arrivent en retard ».
Ce constat met en avant un enjeu opérationnel central pour la sécurité des civils : la chaîne d’alerte ne produit des effets que si les informations transmises par la population sont suivies d’interventions dans des délais utiles. Les acteurs locaux ne contestent pas le principe de la collaboration. Ils en demandent une mise en œuvre plus visible et plus efficace.
Les FARDC et les casques bleus face aux ADF
Dans le dispositif évoqué par la société civile, les casques bleus de la MONUSCO interviennent aux côtés des FARDC. Leur présence est perçue comme un soutien dans la lutte contre les groupes armés, dans un territoire marqué par une succession d’attaques ADF et par des déplacements de population.
Aucun autre bilan officiel n’a été communiqué dans les éléments disponibles. Les chiffres cités restent ceux rapportés par des sources locales. Ils donnent néanmoins la mesure de la crise sécuritaire signalée à Mambasa depuis plusieurs mois : des villages attaqués, des pertes humaines importantes, des biens détruits et des habitants contraints de quitter leurs milieux de vie.
La délégation mixte de la MONUSCO poursuit son séjour à Mambasa-Centre afin d’échanger avec les acteurs locaux. Les discussions doivent permettre de préciser les attentes de la communauté et les besoins liés à la protection des populations. Dans l’immédiat, l’espoir exprimé par la société civile reste associé à une exigence de terrain : que la présence de la Force d’intervention rapide se traduise par une amélioration concrète de la sécurité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
