Un mouvement d’habitants a été observé dans la nuit de samedi à dimanche 28 juin 2026 à Oicha, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, après des tirs entendus pendant plus de trente minutes. Plusieurs personnes ont quitté leurs domiciles, principalement vers la partie ouest et le centre-ville, par crainte d’une possible incursion des rebelles ADF.
La situation a été signalée autour du quartier Bakaiko, où les coups de feu ont alimenté une psychose sécuritaire dans une ville déjà sensible aux alertes liées à l’insécurité. Les autorités locales privilégient toutefois, à ce stade, l’hypothèse d’une confusion entre deux groupes des services de sécurité.
Des tirs signalés vers 02 heures à Bakaiko
Le maire d’Oicha, Faustin Siluhwere, a confirmé que des crépitements de balles avaient été entendus dans la ville dans la nuit. Il a situé l’incident vers 02 heures du matin, dans le quartier Bakaiko. Les tirs nocturnes ont duré plus de trente minutes, selon les informations rapportées, avant de provoquer des déplacements d’habitants.
Dans un contexte de crainte d’attaques attribuées aux ADF, une partie de la population a interprété les détonations comme le signe possible d’une incursion. Cette perception a suffi à déclencher des départs précipités de plusieurs ménages vers des zones jugées plus sûres, notamment le centre-ville.
Faustin Siluhwere évoque une confusion sécuritaire
Faustin Siluhwere a indiqué que les premières informations disponibles remettaient en cause l’hypothèse d’une attaque des ADF. « Certes, il y a eu crépitement de balles dans la ville d’Oicha, dans le quartier Bakaiko, vers 02 heures du matin. Selon les informations en notre possession, il y aurait eu confusion entre deux groupes des services de sécurité, faute d’un mot de passe commun. Voilà ce qui a remis en cause l’hypothèse d’une éventuelle incursion des ADF », a-t-il déclaré.
Cette explication reste formulée avec prudence par l’autorité urbaine. Elle renvoie à un problème de coordination entre services de sécurité, sans attribuer l’incident à une attaque ennemie confirmée. Le maire a toutefois reconnu que cette confusion avait entraîné un déplacement massif de la population, avec ses conséquences.
Retour progressif des habitants à Oicha
Ce dimanche matin, les habitants qui avaient quitté leurs maisons ont commencé à regagner leurs domiciles. Le mouvement de retour ne signifie pas pour autant une disparition immédiate de la peur. Un climat d’inquiétude reste perceptible au sein de la population, malgré les assurances données par les autorités locales.
Le maire a appelé les habitants au calme. Il a assuré que les services de sécurité « sont à pied-d’œuvre pour prévenir une éventuelle attaque de l’ennemi ». Il a aussi demandé à la population de rester vigilante et de ne pas céder aux rumeurs, susceptibles d’entretenir la psychose sécuritaire.
Prudence officielle après l’alerte de Beni
À ce stade, les éléments communiqués par l’autorité urbaine ne confirment pas une incursion des ADF à Oicha. Le constat établi porte sur des tirs, un mouvement de population et une explication provisoire liée à une confusion entre services de sécurité.
Dans cette partie du Nord-Kivu située à une trentaine de kilomètres de Beni, la gestion de l’information reste déterminante après toute alerte nocturne. Les autorités insistent sur le calme et la vigilance, tandis que la population, marquée par l’incident, reprend progressivement ses activités autour des quartiers touchés par la peur.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
