La MONUSCO a documenté 632 civils tués depuis le 19 mars 2026 dans les conflits armés au Nord-Kivu et en Ituri. Ce bilan a été présenté vendredi 26 juin devant le Conseil de sécurité ONU par James Swan, chef de la Mission des Nations unies en RDC. Il s’inscrit dans une séquence sécuritaire marquée par des atteintes répétées aux droits humains et par un accès humanitaire toujours limité dans les zones touchées.
Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a, sur la même période, recensé 1 221 violations et atteintes aux droits humains. Ces faits ont touché 2 968 victimes, dont des femmes et des enfants. Les sources disponibles mentionnent notamment 392 femmes et 378 enfants parmi les victimes répertoriées. Le rapport porté devant le Conseil souligne aussi la persistance de violences sexuelles liées aux conflits, attribuées à des groupes armés ainsi qu’à certains membres des forces de sécurité.
632 civils tués au Nord-Kivu et en Ituri
Le chiffre central présenté par James Swan porte sur deux provinces directement exposées aux violences armées. Au Nord-Kivu et en Ituri, la MONUSCO établit que 632 civils ont été tués depuis le 19 mars. Ce décompte ne couvre que les faits documentés par la Mission dans l’intervalle indiqué. Il ne permet donc pas d’élargir l’analyse au-delà des éléments présentés devant le Conseil de sécurité ONU.
Le constat place les civils au centre de la dégradation sécuritaire. Les victimes mentionnées comprennent des femmes et des enfants, sans que les sources fournies n’attribuent l’ensemble des morts à un seul acteur. La prudence reste donc nécessaire dans l’interprétation globale des responsabilités, même si certains épisodes sont liés à des groupes identifiés.
Les attaques ADF signalées en Ituri
Les Forces démocratiques alliées sont citées comme un acteur majeur de cette violence. En Ituri, les attaques ADF ont fait 287 morts civils depuis le dernier rapport au Conseil, dont 44 femmes. Au Nord-Kivu, après une accalmie relative au début de l’année, les attaques ont repris ces dernières semaines. Elles y ont causé la mort de 66 civils, dont 17 femmes et 3 enfants.
Ces données donnent une lecture plus localisée du bilan général. Elles montrent une pression particulière sur l’Ituri, tout en confirmant une reprise des attaques au Nord-Kivu. Les sources ne donnent pas davantage de détails sur les circonstances de chaque attaque, les localités concernées ou les dispositifs engagés au moment des faits. L’article s’en tient donc aux éléments chiffrés présentés.
La MONUSCO renforce ses patrouilles
Face à cette situation, la MONUSCO indique avoir renforcé son dispositif opérationnel. Depuis mars 2026, plus de 2 100 patrouilles conjointes ont été menées avec les FARDC. Des opérations coordonnées ont également été conduites avec la Police nationale congolaise. La Mission affirme aussi avoir intensifié le déploiement de bases opérationnelles mobiles dans les zones affectées.
Cette réponse se déploie dans un contexte d’accès humanitaire difficile. Les sources indiquent que les restrictions d’accès demeurent fortes, malgré les efforts de la Mission. Elles mentionnent aussi une crise de liquidités affectant les opérations de maintien de la paix de l’ONU. Aucun élément fourni ne permet toutefois de mesurer l’effet direct de cette contrainte financière sur les activités menées dans les provinces concernées.
Dialogue local et consultations régionales
James Swan a également présenté les volets politique et communautaire de l’action de la MONUSCO. La Mission poursuit son appui aux mécanismes locaux de paix et aux programmes de désarmement et de réintégration. Entre mars et juin, plus de 300 ex-combattants et leurs dépendants ont été rapatriés vers le Rwanda, en coordination avec les autorités concernées. Des progrès sont aussi signalés en Ituri autour du dialogue entre groupes armés.
Sur le plan diplomatique, le chef de la MONUSCO a indiqué avoir mené des consultations avec les autorités congolaises, la société civile, les responsables de l’AFC/M23 et des acteurs régionaux. Les échanges cités concernent notamment Huang Xia, l’équipe de médiation de l’Union africaine conduite par Faure Gnassingbé, les facilitateurs de l’Union africaine ou leurs représentants, Mahmoud Ali Youssouf et João Lourenço. La Mission réaffirme, dans ce cadre, quatre priorités : protection des civils, réforme du secteur de la sécurité, désarmement et stabilisation, ainsi que soutien au dialogue et à un cessez-le-feu durable en RDC.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: radiookapi.net, Actualite.cd
