La Direction générale de la SCPT SA conteste le mouvement lancé par l’intersyndicale des travailleurs et ramène le débat sur un point central : le respect du cadre de dialogue déjà établi avec les partenaires sociaux. Dans une déclaration faite mardi 23 juin, Maurice Mufusi, directeur de cabinet du directeur général, a qualifié la grève de « grève illégale, prématurée et inopportune », estimant qu’elle intervient sans suivre les procédures prévues.
Au-delà du désaccord social, l’enjeu touche au fonctionnement d’une entreprise publique engagée dans un processus de redressement. La Direction générale affirme vouloir maintenir la concertation, tout en alertant sur les contraintes financières et opérationnelles qui pèsent déjà sur la Société congolaise des postes et télécommunications.
Un accord social présenté comme cadre de référence
Selon Maurice Mufusi, le différend collectif déclaré en juillet 2025 avait été encadré par un processus de conciliation conduit sous l’égide de l’Inspection générale du travail. Cette démarche avait abouti à la signature d’un protocole d’accord en février 2026. Pour la Direction générale, ce document reste le cadre qui devait organiser la suite des discussions entre l’employeur et les représentants des travailleurs.
Le principe mis en avant par la SCPT est simple : avant toute interruption du travail, les parties devaient privilégier le dialogue et les mécanismes de conciliation. C’est sur cette base que la Direction générale juge le mouvement actuel non conforme aux engagements pris. Elle estime que la grève SCPT ne respecte pas les étapes convenues entre les partenaires sociaux.
Des salaires payés progressivement selon la direction
La Direction générale soutient avoir respecté ses engagements dans un contexte qu’elle décrit comme financièrement difficile. Maurice Mufusi cite notamment la poursuite du paiement progressif des salaires, ainsi que le maintien de concertations régulières avec les représentants des travailleurs. Ces éléments sont présentés comme des signes de continuité dans le traitement du dossier social.
Pour les agents, le déclenchement du mouvement traduit cependant l’existence de revendications encore ouvertes. La source fournie ne détaille pas leur contenu. La SCPT affirme de son côté qu’une session économique consacrée à l’examen de plusieurs revendications syndicales venait d’être convoquée. C’est pourquoi la Direction générale regrette que l’arrêt de travail soit intervenu à ce moment précis.
Le redressement de la SCPT au centre des inquiétudes
La SCPT relie aussi cette grève à ses difficultés internes. La Direction générale évoque une baisse des revenus, le vieillissement des infrastructures et d’importantes contraintes financières. Dans cette lecture, le débrayage risque de compliquer les efforts engagés pour préserver un climat social serein et soutenir le redressement de l’entreprise publique.
Cette position ne constitue pas une évaluation chiffrée de l’impact de la grève. Aucun montant ni bilan opérationnel n’est avancé dans les faits fournis. La direction parle plutôt d’un risque pour les activités de l’entreprise et pour le processus de redressement en cours. L’argument est donc institutionnel et économique : moins de stabilité sociale peut rendre plus difficile la conduite des engagements internes déjà fragilisés par les contraintes financières.
Retour au dialogue sous encadrement du travail
Tout en contestant la légalité du mouvement, la SCPT affirme rester disponible pour poursuivre les discussions sous l’encadrement de l’Inspection générale du travail. Cette ouverture vise à replacer le différend dans un cadre formel, avec une médiation institutionnelle déjà impliquée dans les étapes précédentes.
La Direction générale appelle ainsi les partenaires sociaux à privilégier la voie du dialogue afin de préserver la stabilité et l’avenir de cette entreprise stratégique de l’État congolais. Pour rappel, les agents de l’Office congolais des postes et télécommunications ont entamé une grève générale lundi 22 juin. La suite du dossier dépendra donc de la capacité des parties à reprendre les discussions autour des revendications encore en examen.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
