Dans la zone de santé de Nia-Nia, en territoire de Mambasa, la riposte Ebola se heurte à un problème très concret : le transport des prélèvements. Située à 360 kilomètres de Bunia, cette zone de l’Ituri ne dispose pas de moyens adaptés pour acheminer rapidement et sûrement les échantillons biologiques des cas suspects vers le laboratoire. Selon les faits rapportés par les services de santé locaux, deux cas confirmés sont déjà enregistrés dans cette région.
Faute de véhicule dédié, les équipes médicales de la zone de santé de Nia-Nia doivent recourir à des véhicules de transport en commun. Pour une maladie à virus Ebola, ce point logistique n’est pas secondaire. Un échantillon biologique doit arriver au laboratoire dans de bonnes conditions afin de permettre une analyse fiable et rapide. Quand le transport est mal adapté, le prélèvement peut être détérioré, perdu ou arriver en retard.
Des prélèvements transportés sans véhicule dédié
Le problème signalé à Nia-Nia Ituri est d’abord celui d’une chaîne de transport fragile. Les échantillons provenant de cas suspects doivent être récupérés dans les aires de santé, puis acheminés vers le laboratoire. Dans une riposte Ebola, ce circuit permet de confirmer ou non la maladie, d’orienter la prise en charge et d’organiser le suivi des cas sur le terrain.
Le recours au transport en commun complique ce circuit. Les prélèvements voyagent dans des conditions qui ne sont pas conçues pour ce type de matériel biologique. La source sanitaire locale évoque un risque de détérioration ou de perte en cours de route. Elle indique aussi que cette pratique expose les autres passagers des véhicules et retarde les analyses en laboratoire.
Pour les malades, le retard d’analyse peut aussi compliquer la prise en charge. Tant que le résultat n’est pas disponible, les équipes médicales disposent de moins d’éléments pour organiser la réponse autour du cas suspect. C’est pourquoi la logistique sanitaire reste une partie essentielle de la riposte Ebola, au même titre que la surveillance et le suivi médical.
Joseph Pemanakue demande un appui pratique
Le médecin chef de la zone de santé de Nia-Nia, le docteur Joseph Pemanakue, demande des solutions urgentes et concrètes. Il plaide notamment pour un moyen de transport réservé à cette activité sanitaire, afin d’éviter les trajets improvisés avec les véhicules publics.
« Nous avons besoin d’un véhicule dédié pour récupérer les échantillons dans les aires de santé et les acheminer directement au laboratoire. Cela nous permettrait aussi d’assurer la surveillance et le suivi des cas sur le terrain. Et si nous disposions d’un laboratoire mobile à Nia-Nia, les prélèvements pourraient être analysés immédiatement ».
Cette demande met en évidence deux besoins liés. Le premier concerne le transport sécurisé des prélèvements. Le second concerne la capacité d’analyse plus proche du terrain, à travers un laboratoire mobile à Nia-Nia. Dans les deux cas, l’objectif exprimé par le responsable médical est de réduire les délais et de rendre le suivi plus efficace.
Badengaido et Bafwakoa sous pression sécuritaire
À cette difficulté logistique s’ajoute une situation sécuritaire qui pèse sur le fonctionnement des services de santé. La zone de santé subit des incursions régulières des rebelles des Forces démocratiques alliées, ADF, particulièrement dans les aires de santé de Badengaido et de Bafwakoa.
Les effets sur les soins sont déjà visibles. Le centre de santé de Bafwakoa a fermé ses portes depuis le mois d’avril en raison des violences. Son personnel et son matériel fonctionnent désormais à Nia-Nia-centre, dans des conditions décrites comme extrêmement rudimentaires.
Pour les patients et les équipes locales, cela signifie que l’accès aux services est perturbé au moment même où la surveillance sanitaire doit rester active. Une riposte Ebola nécessite de repérer les cas suspects, de transporter les prélèvements, d’obtenir les résultats et d’assurer le suivi. Lorsque des structures ferment ou se déplacent, cette organisation devient plus difficile.
Une riposte à renforcer sans délai
Les autorités médicales locales demandent au gouvernement et aux partenaires un appui immédiat. Leur préoccupation porte sur une double contrainte : la sécurité sanitaire des prélèvements et la continuité des services dans une zone exposée aux violences.
Les faits disponibles montrent que la difficulté ne se limite pas au manque de matériel. Elle touche l’ensemble du circuit pratique de la riposte : récupérer les échantillons, les transporter sans les altérer, obtenir des analyses à temps, suivre les cas et maintenir les structures de santé fonctionnelles. À Nia-Nia, cette chaîne reste fragilisée par l’absence de véhicule adapté et par l’instabilité dans certaines aires de santé.
Dans ce contexte, la réponse demandée reste ciblée : un véhicule dédié, un meilleur acheminement des échantillons et, si possible, un laboratoire mobile. Ces mesures, telles que formulées par le médecin chef de zone, visent à rendre la riposte Ebola plus rapide et plus sûre dans la zone de santé de Nia-Nia.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
