AccueilActualitéPolitiqueTshuapa : le transport au cœur de la relance à Bokungu

Tshuapa : le transport au cœur de la relance à Bokungu

La mission économique conduite par Daniel Mukoko Samba dans la Tshuapa met en lumière un problème simple à comprendre, mais lourd pour les habitants et les acteurs économiques : produire ne suffit pas lorsque les routes, les voies fluviales et les services de base ne permettent pas d’acheminer les biens vers les marchés. À Bokungu comme à Boende, le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, a lié la relance économique de la Tshuapa à la réduction des coûts de transport et à l’amélioration des infrastructures.

À Bokungu, le transport pèse sur toute la chaîne

Après un trajet de près de onze heures en canot rapide entre Boende et Bokungu, Daniel Mukoko Samba a constaté les difficultés de mobilité auxquelles les populations sont confrontées. L’impraticabilité avancée des routes, notamment la Route nationale n°8, ainsi que la baisse du trafic illustrent l’isolement progressif de plusieurs territoires de la province.

Le mécanisme est concret : lorsque le déplacement des personnes, des marchandises et des matériaux devient coûteux ou irrégulier, les producteurs locaux perdent en compétitivité. Les sources citent la dégradation des routes de desserte agricole, l’insuffisance de la desserte fluviale, les ruptures de charge, le coût du carburant et de la maintenance, ainsi que des prélèvements informels parmi les contraintes supportées par les acteurs économiques.

Pour le vice-Premier ministre, la priorité est donc de réduire le coût du déplacement. Il l’a résumé en affirmant que, pour reconnecter Bokungu, Monkoto, Boende, Befale, Ikela et d’autres territoires enclavés à l’économie nationale, il faut d’abord alléger le transport des personnes et des marchandises.

Des ressources présentes, mais mal reliées aux marchés

Les constats dressés pendant la mission ne présentent pas la Tshuapa comme une province sans potentiel. À Bokungu, les sources rappellent que les productions de café robusta, cacao, palmier à huile, manioc, maïs et les produits forestiers alimentaient autrefois des échanges vers Mbandaka et Kinshasa. Le problème relevé aujourd’hui est plutôt celui d’une connexion devenue trop faible entre les zones de production et les circuits commerciaux.

Daniel Mukoko Samba a insisté sur ce point en indiquant que l’enjeu n’est pas de créer la production, mais de la reconnecter aux marchés. Selon lui, les terres, les ressources et les populations sont présentes, tandis que l’obstacle principal demeure le coût élevé du kilomètre parcouru entre le champ, le marché local, le port et les grands centres de consommation.

À Boende, autre étape de la mission, le membre du gouvernement a aussi relevé un atout : la ville est directement reliée à Kinshasa par voie d’eau. Mais cet avantage ne suffit pas si les infrastructures nécessaires à une activité économique normale ne sont pas en place. Les échanges avec les autorités locales et les différentes couches de la population ont confirmé la dégradation du réseau routier provincial, avec des axes rendus difficilement praticables par les zones marécageuses et les nombreuses digues.

Services de base et crédit restent limités

La mission a également mis en évidence des contraintes pratiques qui touchent le quotidien économique. À Bokungu, les opérateurs économiques ont évoqué la faiblesse de l’activité locale, l’absence de services bancaires, les difficultés d’accès au crédit et les limites du transport fluvial, qui reste le principal moyen de desserte de la région.

Le vice-Premier ministre a rencontré les représentantes de la Ligue des femmes de Bokungu et celles de l’Association des mamans maraîchères, qui fédère près d’une soixantaine d’associations. Ces organisations ont exprimé des besoins en semences améliorées, équipements agricoles et matériels de travail pour renforcer la production maraîchère locale.

Un premier appui a été annoncé en faveur des associations des mamans maraîchères, à travers la mise à disposition de semences améliorées et de matériels de travail. Daniel Mukoko Samba a aussi indiqué que l’amélioration des infrastructures de santé et le renforcement des moyens de transport feront partie des priorités destinées à soutenir le développement de Bokungu.

Des pistes urgentes à consolider

Au-delà de Bokungu, la mission engagée depuis le dimanche 21 juin à Boende, Monkoto et au Parc national de la Salonga visait à évaluer le potentiel économique de la province et les obstacles qui freinent son développement. Daniel Mukoko Samba a aussi relevé l’existence de solutions alternatives pour l’électricité, notamment l’énergie solaire utilisée dans certaines structures comme l’hôpital général de référence de Boende.

Les recommandations issues de cette mission doivent encore faire l’objet d’un travail de consolidation en vue d’actions de suivi. À ce stade, les faits convergent vers une lecture prudente : la relance économique de la Tshuapa dépendra largement de la capacité à réduire les coûts de transport, à améliorer les infrastructures et à rendre les services de base plus accessibles aux acteurs locaux.

Article Ecrit par Amissi G

Sources: Actualite.cd, radiookapi.net

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