À Kananga, la hausse du prix du poisson salé, du poisson fumé et des fretins se lit d’abord dans les paniers des ménages. Sur plusieurs marchés, les prix ont doublé, voire triplé, selon les informations recueillies. Cette progression touche des produits courants dans l’alimentation locale et réduit les possibilités d’achat, surtout pour les familles les plus démunies.
À Kananga, des prix multipliés sur les marchés
La situation est particulièrement visible à l’espace « Ndako ya Biso », situé derrière le marché central de Kananga. Ce lieu de négoce fait partie des principaux points où ces denrées alimentaires sont vendues en gros. Or, les dépôts y sont presque vides. Cette rareté pèse directement sur les prix proposés aux détaillants et, ensuite, aux consommateurs.
La mesurette de fretins, appelée localement « meka », se vendait auparavant à 15 000 francs congolais. Elle coûte désormais entre 30 000 et 40 000 francs, soit 17 USD selon les indications fournies. Le changement est important pour un produit acheté en petite quantité par de nombreux ménages. Un colis de 120 petits poissons salés, autrefois négocié à 10 000 francs, se vend maintenant entre 25 000 et 30 000 francs.
Ces chiffres montrent un mécanisme simple : quand les arrivages diminuent, les quantités disponibles sur les étals se réduisent, et le prix augmente. La hausse du prix du poisson devient ainsi un problème de marché, mais aussi un problème de budget familial.
Le transport par la SNCC au centre du blocage
Pour les commerçants, la principale explication se trouve dans les difficultés d’approvisionnement alimentaire. Ils citent notamment les problèmes de transport par voie ferrée. Joseph Mulumba, l’un des commerçants, met en cause les retards observés après l’achat des marchandises.
« Au point d’achat, nos marchandises ne traînent pas. Mais, arrivées à Lubumbashi, où se trouve notre grand transporteur, la SNCC, il y a beaucoup de retard. Certains de nos membres ont préféré acheminer de petites quantités par avion, mais les tarifs sont très élevés », explique-t-il.
Cette déclaration permet de comprendre la chaîne de formation du prix. Les produits ne manquent pas nécessairement au point d’achat, mais leur arrivée à Kananga prend du retard. Quand certains commerçants choisissent l’avion pour transporter de petites quantités, le coût élevé du transport devient un facteur supplémentaire de pression sur les prix.
Les ménages réduisent leurs choix alimentaires
La conséquence se mesure dans les quartiers. Au quartier Dikongayi, dans la commune de Lukonga, Rachel Ntumba, mère de sept enfants, dit avoir du mal à acheter du poisson salé ou des fretins pour nourrir sa famille. Son témoignage traduit l’effet concret de la hausse sur les ménages qui disposent de peu de marge dans leurs dépenses quotidiennes.
« Nous sommes fatigués de manger les feuillages. Vous pouvez partir au marché avec 5 000 francs, mais les fretins et les poissons salés coûtent chers », témoigne-t-elle.
Dans ce contexte, le problème n’est pas seulement le prix affiché sur le marché. Il touche aussi la capacité des familles à maintenir leurs habitudes alimentaires. Lorsque le montant disponible ne permet plus d’acheter les mêmes produits, les ménages doivent adapter leurs achats aux prix du jour.
Des cargaisons toujours en attente
Il y a quelques jours, l’Association des vendeurs de poissons du Kasaï-Central avait déjà dénoncé le retard dans l’acheminement des marchandises en provenance de l’espace Grand Katanga. Son président affirmait que plusieurs cargaisons étaient immobilisées depuis janvier dernier dans la province du Haut-Lomami, en attente de leur évacuation par la SNCC.
Ce retard continue d’alimenter la pénurie et la hausse des prix sur les marchés de Kananga. Tant que les cargaisons annoncées ne sont pas évacuées vers leur destination, les dépôts restent faiblement approvisionnés et les prix demeurent sous tension. Pour les consommateurs, l’enjeu immédiat reste donc l’accès à des produits de base à un coût supportable.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
