La CENCO demande une attention plus soutenue sur les programmes sociaux en RDC, en particulier la Couverture Santé Universelle et le PDL-145T. Dans son message rendu public après l’Assemblée plénière extraordinaire tenue du 18 au 20 juin 2026 au Centre Interdiocésain de Kinshasa, l’Église catholique reconnaît des efforts du Gouvernement, mais estime que leurs effets restent encore limités pour une grande partie des ménages.
Les cardinaux, archevêques et évêques membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo ont placé la situation socioéconomique parmi les points importants de leur message. Leur lecture est double : des infrastructures publiques sont construites dans certaines provinces, mais la vie quotidienne de nombreux Congolais demeure marquée par de fortes difficultés économiques.
Des efforts visibles, mais jugés insuffisants
La CENCO cite notamment la construction des routes, des écoles, des universités, des aéroports et des hôpitaux dans quelques provinces. Pour les prélats, ces réalisations montrent une volonté d’améliorer le social sous le leadership du Président Félix Tshisekedi.
Mais l’institution catholique rappelle aussi que les infrastructures ne suffisent pas, à elles seules, à changer rapidement les conditions de vie. Dans le message lu par Donatien Nshole, Secrétaire général de la CENCO, les évêques affirment : “Le Gouvernement s’efforce à améliorer le social, notamment par la construction des routes, des écoles, des universités, des aéroports ainsi que des hôpitaux dans quelques provinces. Au-delà de ces avancées, sur le plan économique, la majorité de la population vit encore dans la misère”.
Cette formulation résume l’enjeu soulevé à Kinshasa : les projets publics existent, mais leur traduction concrète dans la vie des familles reste au centre des préoccupations. Pour les ménages, l’amélioration attendue se mesure surtout dans l’accès aux soins, à l’école, aux services administratifs et aux infrastructures de base.
La Couverture Santé Universelle encore attendue
Dans la rubrique santé, la Couverture Santé Universelle mérite une explication simple. Elle vise à permettre à chacun d’accéder à des soins de qualité, sans que les inégalités sanitaires ne bloquent l’accès aux services essentiels. Elle est encadrée notamment par la Loi n°18/035 du 13 décembre 2018, complétée par l’Ordonnance-Loi n°23/006 du 3 mars 2023.
Selon les faits disponibles, la gratuité de la prise en charge des accouchements fait partie des principales réalisations visibles de cette réforme à ce jour. Pour les familles concernées, ce volet touche directement un moment important de la vie : la naissance d’un enfant et l’accès aux soins liés à l’accouchement.
La CENCO estime cependant que les projets sociaux initiés par le Gouvernement, dont la Couverture Santé Universelle, ne progressent pas comme attendu. Les évêques déclarent : “Les projets sociaux initiés par le Gouvernement, notamment celui de Couverture Santé Universelle, le programme de développement local des 145 territoires (PDL-145 T), les projets à impacts visibles par le truchement de l’Eglise catholique, sont en souffrance”.
Les nouvelles équipes installées à la tête des structures créées dans le cadre de la CSU ont désormais la responsabilité d’accélérer sa mise en œuvre effective. L’objectif mentionné reste l’accès équitable aux soins de santé en RDC.
Le PDL-145T face au test des délais
Le Programme de développement local des 145 territoires, ou PDL-145T, est présenté comme un outil destiné à réduire les inégalités entre les milieux urbains et ruraux et à renforcer la présence de l’État dans les territoires. Sa première phase prévoit notamment la construction d’écoles, de centres de santé et de bâtiments administratifs à travers le pays.
En juin 2025, lors d’une réunion du Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi avait demandé au Gouvernement d’accélérer la finalisation de cette première phase, avec une échéance fixée à décembre 2025. Le Chef de l’État avait lié le respect des délais à la crédibilité du programme et à la confiance de la population.
Près d’une année après cette instruction, la première phase n’est pas totalement achevée, selon les éléments fournis. Les retards dans la mise en œuvre des travaux suscitent des inquiétudes, alors que la deuxième phase, consacrée notamment aux infrastructures routières, est attendue.
Un enjeu pratique pour les provinces
Le message de la CENCO Kinshasa ramène ces programmes à leur finalité pratique : faire parvenir les bénéfices annoncés aux populations concernées. Dans les provinces, les écoles, les centres de santé, les bâtiments administratifs, les routes et les projets à impact visible sont attendus comme des services concrets, pas seulement comme des engagements institutionnels.
La prudence reste nécessaire : les évêques reconnaissent des avancées, mais pointent des limites dans leur portée sociale et économique. Leur interpellation ne remet pas en cause l’existence des programmes ; elle insiste plutôt sur leur mise en œuvre effective, leur suivi et leur capacité à répondre aux besoins quotidiens des citoyens.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
