La ministre d’État en charge des Affaires sociales et des Actions humanitaires, Eve Bazaiba Masudi, a achevé ce samedi 13 juin 2026 une mission d’évaluation à Isiro, chef-lieu du Haut-Uele. Dépêchée sur instruction du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, elle a pris la mesure de la crise humanitaire qui touche plus de 30 000 déplacés en provenance de Suka na Mboka, dans le territoire de Watsa.
Une mission présidentielle face à l’urgence
L’arrivée de la ministre à Isiro s’inscrit dans un cadre institutionnel précis. Accueillie par le vice-gouverneur Christophe Dara Matata, elle a ensuite rejoint le gouvernorat pour un échange avec le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Une réunion de sécurité élargie s’est tenue dans la salle Kibali, en présence du lieutenant-général Ytchaligonza Mindiru Jacques, chef d’état-major des FARDC chargé des opérations et du renseignement. Les discussions ont porté sur la sécurisation des zones affectées et la prise en charge des populations déplacées. Cette concertation entre autorités civiles et militaires visait à coordonner la réponse à une crise qui s’aggrave depuis fin avril.
Gosamu, point de convergence des déplacés
La délégation s’est ensuite rendue sur le site de Gosamu, où un meeting de réconfort a été organisé. Le gouverneur Jean Bakomito a salué la réaction du gouvernement central et remercié le chef de l’État pour l’envoi rapide de la ministre. Il a également rendu hommage aux FARDC engagées sur le terrain. Devant les familles sinistrées, Eve Bazaiba a réaffirmé l’engagement de l’exécutif national. Elle a assuré que leur retour se ferait « dans l’ordre et dans la dignité » dès le rétablissement de la sécurité, tout en annonçant une assistance humanitaire dans les prochains jours. Ces déclarations visent à rassurer une population éprouvée par plus d’un mois de précarité.
Un retour conditionné à la sécurité
La ministre a conditionné le retour des déplacés à la réunion des conditions sécuritaires. Cette prudence reflète la persistance des violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la zone de Suka na Mboka, près de Mungbere. Les populations ont commencé à fuir à partir du 30 avril 2026, après une incursion de ces groupes armés. Depuis, les déplacés ont transité par Mungbere avant de se disperser dans d’autres localités du Haut-Uele. Leur nombre est passé de quelques milliers à plus de 30 000 personnes en six semaines, selon les sources concordantes. L’insécurité persistante empêche tout retour spontané et rend l’intervention humanitaire urgente.
Une crise qui s’aggrave en six semaines
Les déplacés vivent dans des conditions précaires depuis plus d’un mois. L’afflux continu, alimenté par la crainte de nouvelles attaques, pèse sur les capacités d’accueil locales. La mission ministérielle intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par des incursions répétées des ADF dans le territoire de Watsa. Si les annonces de la ministre ont été accueillies avec soulagement, les populations attendent désormais des actions concrètes. La coordination entre les autorités provinciales, les FARDC et le gouvernement central sera déterminante pour organiser le retour dans la dignité promis par Eve Bazaiba. La prochaine étape consistera à transformer les engagements en assistance effective sur le terrain.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: mediacongo.net, actu30.cd
