Médecins sans frontières (MSF) a annoncé, jeudi 11 juin à Kinshasa, le renforcement du suivi des contacts dans les zones touchées par l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Cette déclaration, faite lors d’un point de presse, met en lumière les efforts déployés pour contenir la propagation du virus, alors que l’insécurité complique le travail des équipes sur le terrain. Le suivi des contacts est une méthode de surveillance qui consiste à identifier, lister et observer quotidiennement pendant 21 jours toute personne ayant été en contact avec un malade confirmé. Cette période correspond à la durée maximale d’incubation du virus : si une personne ne développe pas de symptômes après 21 jours, elle n’a pas été infectée. En renforçant cette activité, MSF cherche à briser la chaîne de transmission, car chaque contact non suivi peut devenir un nouveau cas sans que les équipes sanitaires en soient informées à temps.
Un suivi des contacts essentiel pour briser la chaîne de transmission
Le suivi des contacts est une intervention clé dans la lutte contre Ebola. Il permet de détecter rapidement l’apparition de symptômes chez les personnes exposées et de les isoler avant qu’elles ne contaminent d’autres membres de la communauté. MSF, membre de l’équipe d’investigation à Mungwalu, intensifie cette activité dans un contexte où chaque contact non suivi représente un risque de propagation silencieuse du virus. Concrètement, les équipes rendent visite chaque jour aux contacts répertoriés pour vérifier leur état de santé, prendre leur température et s’assurer qu’ils respectent les mesures de prévention. Cette approche systématique est d’autant plus cruciale que l’épidémie actuelle est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle les connaissances sur la transmissibilité et la durée d’incubation restent moins documentées que pour la souche Zaïre, plus fréquente.
L’Ituri, épicentre de l’épidémie sous tension sécuritaire
La province de l’Ituri concentre la majorité des cas recensés à ce jour. L’insécurité persistante dans cette région affecte directement le déploiement des équipes sanitaires, rendant l’accès aux communautés difficile et le suivi des contacts irrégulier. Les déplacements des agents de santé sont limités par les risques d’attaques, ce qui peut entraîner des retards dans l’identification des contacts ou l’isolement des malades. Malgré ces obstacles, la riposte se poursuit sous la coordination du ministère de la Santé, à travers l’Institut national de la santé publique (INSP), avec l’appui de partenaires comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette collaboration vise à maintenir une présence sanitaire même dans les zones difficiles d’accès, en adaptant les stratégies de surveillance aux réalités du terrain.
Une prise en charge médicale qui permet des guérisons
MSF rappelle que la prise en charge médicale des malades déclarés positifs peut conduire à la guérison. L’annonce de la guérison suit un protocole médical strict : un patient est considéré comme guéri après deux tests négatifs réalisés à 48 heures d’intervalle. Il peut alors retourner dans sa communauté, ce qui constitue un message d’espoir pour les populations touchées et un encouragement à signaler rapidement les symptômes. La guérison signifie que le patient n’est plus porteur du virus et ne peut plus le transmettre. Pour les familles, cela réduit la peur de la stigmatisation souvent associée à la maladie. Les équipes médicales accompagnent également les survivants dans leur réintégration sociale, en expliquant aux communautés que ces personnes ne présentent plus de risque.
Une surveillance élargie au Nord-Kivu et au Sud-Kivu
Au-delà de l’Ituri, les équipes de MSF intensifient la surveillance épidémiologique et le suivi des contacts dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette extension vise à prévenir une propagation plus large de cette dix-septième épidémie d’Ebola en RDC, causée par la souche Bundibugyo. Le gouvernement a officiellement déclaré l’épidémie le 17 mai dernier, après l’identification du premier cas le 24 avril 2026. La surveillance élargie consiste à former des agents locaux pour détecter les cas suspects, à mettre en place des points de contrôle sanitaires et à sensibiliser les populations aux symptômes de la maladie. L’objectif est de créer un maillage territorial capable de réagir rapidement à toute nouvelle contamination, même dans des zones où aucun cas n’a encore été confirmé.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
