AccueilActualitéJusticeKikwit : un nouveau-né abandonné, la société civile exige des enquêtes

Kikwit : un nouveau-né abandonné, la société civile exige des enquêtes

La découverte d’un nouveau-né abandonné à Kikwit, le samedi dernier, a suscité une vive émotion et relancé le débat sur la protection de l’enfance. Un bébé de cinq jours a été trouvé près de la paroisse catholique Notre-Dame du Rosaire, emballé dans une couverture. Les circonstances de cet abandon restent inconnues, de même que l’identité de l’auteur. Une femme de bonne foi a récupéré l’enfant et alerté les services compétents, permettant son transfert à l’hôpital et sa prise en charge par les services sociaux.

Cet acte, qualifié d’inhumain par la société civile urbaine, met en lumière les failles dans la protection des enfants et les risques sanitaires encourus par les nouveau-nés abandonnés. Dave Ruphin Binokwiti, coordonnateur de la société civile urbaine, a dénoncé un phénomène devenu fréquent à Kikwit, contraire aux valeurs africaines et portant atteinte à la protection de l’enfant. Il exige des enquêtes judiciaires pour retrouver les auteurs et appelle à des sanctions sévères.

Un abandon aux conséquences sanitaires graves

Un nouveau-né de cinq jours est particulièrement vulnérable. À cet âge, le bébé a besoin de soins constants, d’une alimentation régulière et d’une protection contre les infections. L’abandon dans un lieu public, sans surveillance médicale, expose l’enfant à des risques immédiats : hypothermie, déshydratation, hypoglycémie ou infections. La couverture dans laquelle il a été trouvé a pu offrir une protection minimale, mais elle ne remplace pas les soins essentiels. L’intervention rapide de la femme qui l’a découvert a probablement évité des complications graves.

Une fois pris en charge à l’hôpital, le nouveau-né a pu bénéficier d’un examen médical complet, d’une réhydratation si nécessaire et d’une surveillance. Les services sociaux vont désormais assurer son placement temporaire, dans l’attente d’une solution durable. Cette prise en charge est cruciale pour sa survie et son développement, mais elle ne résout pas le problème de fond : pourquoi ces abandons se multiplient-ils à Kikwit ?

Un phénomène récurrent qui interroge la société

Selon Dave Ruphin Binokwiti, ce type d’abandon est devenu fréquent à Kikwit depuis un certain temps. Cette répétition suggère des causes profondes, comme des grossesses non désirées, des difficultés économiques, un manque d’accès à la contraception ou à l’éducation sexuelle, ou encore l’absence de structures d’accueil pour les mères en détresse. La société civile urbaine dénonce un acte contraire aux valeurs africaines, qui placent traditionnellement l’enfant au cœur de la communauté. L’abandon d’un nouveau-né est perçu comme une rupture de ce lien social fondamental.

Pour endiguer ce phénomène, des actions concrètes sont nécessaires. La société civile réclame des enquêtes judiciaires pour identifier les auteurs, mais aussi des mesures préventives : campagnes de sensibilisation, renforcement des services de planification familiale, création de centres d’écoute pour les femmes enceintes en difficulté. Sans ces efforts, les abandons risquent de se poursuivre, mettant en danger la vie de nouveau-nés innocents.

Quelles suites judiciaires et sociales ?

L’exigence d’enquêtes judiciaires vise à retrouver la personne qui a abandonné l’enfant. Sur le plan légal, l’abandon d’un enfant est un délit puni par la loi congolaise. Des sanctions sévères pourraient dissuader de futurs actes, mais elles doivent s’accompagner d’un accompagnement social pour les mères en détresse. La société civile insiste sur la nécessité de protéger l’enfant, mais aussi de comprendre les raisons qui poussent à un tel geste.

En attendant, le nouveau-né est en sécurité à l’hôpital. Les services sociaux travaillent à lui trouver un environnement stable, peut-être une famille d’accueil ou une institution spécialisée. Son avenir dépendra de la rapidité des procédures administratives et de la mobilisation des autorités. Cet événement rappelle que la protection de l’enfance est l’affaire de tous : signaler un enfant en danger, soutenir les mères isolées, et exiger des pouvoirs publics des politiques efficaces.

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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