La question constitutionnelle en République démocratique du Congo continue de cristalliser les tensions entre les institutions et les forces sociales. Alors que l’Église du Christ au Congo (ECC) a récemment plaidé pour un dialogue démocratique et inclusif, l’acteur politique Steve Mbikayi, proche de la majorité, a tenu à rappeler les limites du rôle des confessions religieuses dans ce processus. Une mise au point qui révèle les enjeux de légitimité et de pouvoir autour de la révision de la loi fondamentale.
Un débat sous haute tension institutionnelle
À l’issue de sa 66ᵉ session extraordinaire à Kinshasa, l’ECC a reconnu que la Constitution n’est pas un texte figé, tout en insistant sur la nécessité d’un climat apaisé et transparent pour toute réforme. Cette position, bien que mesurée, a immédiatement suscité des réactions dans la sphère politique. Steve Mbikayi a ainsi souligné que l’initiative des réformes constitutionnelles relève avant tout des institutions investies de la légitimité du suffrage populaire. Selon lui, la Constitution ne confère aucun pouvoir décisionnel aux confessions religieuses ni aux acteurs de l’opposition en la matière.
La voix des Églises, entre influence et limites
Pour Steve Mbikayi, les interventions des leaders religieux peuvent enrichir le débat public et éclairer l’opinion, mais elles ne sauraient être décisives. « Leurs avis, en tant que citoyens, peuvent être entendus. Ils enrichissent le débat public et contribuent à éclairer l’opinion. Ils ne sauraient cependant être décisifs quant à la poursuite ou à l’arrêt d’un processus constitutionnel, dont la responsabilité incombe exclusivement aux institutions compétentes désignées par la Constitution et les lois de la République », a-t-il déclaré. Cette distinction entre influence morale et pouvoir décisionnel pose la question de la place réelle de la société civile dans les processus politiques majeurs.
Quel impact pour le citoyen congolais ?
Derrière ces joutes verbales, c’est l’avenir du cadre légal qui régit la vie quotidienne des Congolais qui est en jeu. Une révision constitutionnelle pourrait redéfinir l’équilibre des pouvoirs, les droits fondamentaux ou les modalités de la gouvernance. Pourtant, le débat semble pour l’instant confisqué par les élites politiques et religieuses, loin des préoccupations concrètes de la population. L’appel au dialogue de l’ECC, bien que légitime, risque de rester lettre morte si les institutions ne s’ouvrent pas à une véritable consultation citoyenne.
Un processus à la croisée des chemins
Alors que les discussions se poursuivent, les différentes interventions témoignent de l’intérêt croissant que suscite la question constitutionnelle. Entre défense des prérogatives institutionnelles et appels au dialogue, le débat continue de se structurer autour des principes démocratiques et du respect du cadre légal. Mais pour qu’il ne reste pas un simple échange entre acteurs politiques, il devra intégrer les aspirations de ceux pour qui la Constitution est d’abord un outil de protection et de progrès social.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
