Le contrôle parlementaire sur la gestion du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) se précise. Le député national Laddy Yangotikala a annoncé, samedi 6 juin lors d’un Space live animé par Stanis Bujakera Tshiamala, avoir sollicité un ordre de mission auprès du Président de l’Assemblée nationale pour examiner la gouvernance de cette institution.
Avec ses collègues Théovel Lotika et Fontaine Mangala, l’élu entend profiter des quatre-vingt-dix jours de vacances parlementaires imminentes pour éplucher les comptes et la gestion du fonds. « Je n’ai jamais mis mon nez dans cette histoire, mais cette fois-ci je vais planquer mon nez jusqu’à ce que nous tirions toute la situation au clair », a-t-il déclaré.
Une question simple restée sans réponse
Le député a directement interpellé Mgr François Mwarabu, coordonnateur du FRIVAO, sur ce qu’il qualifie d’incapacité à répondre à une « question simple » : combien reste-t-il dans les comptes du fonds ? « La première des choses à savoir lorsqu’on est nommé coordonnateur, c’est : j’ai trouvé combien dans la caisse. On n’a rien à cacher », a lancé Laddy Yangotikala, dénonçant une « incompétence dans la gouvernance ».
En réplique, Mgr Mwarabu a indiqué qu’un rapport exhaustif avait déjà été transmis par écrit à l’Assemblée nationale à sa reprise de service, précisant qu’il ne se trouvait pas « devant la Cour des comptes ». Ce document, qui détaillerait l’état du fonds, n’a toutefois pas été rendu public à ce jour.
Un plaidoyer pour l’indemnisation collective
Sur le fond du dossier, Laddy Yangotikala a rejoint la position du président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo en plaidant pour une indemnisation collective des victimes. Il a exprimé des doutes « sur la véracité de ceux qui se prétendent être des victimes aujourd’hui », estimant que le système d’identification individuelle présentait des failles.
Usant du terme lingala « Toyebani » (nous nous connaissons), il a rappelé que Kisangani était une petite ville où les habitants se connaissaient tous, rendant selon lui difficile toute usurpation d’identité de victime. Cette approche vise à contourner les controverses sur les listes de bénéficiaires.
Un rapport parlementaire attendu
La démarche des trois députés s’inscrit dans le cadre des prérogatives de contrôle de l’Assemblée nationale. L’ordre de mission sollicité devrait permettre d’accéder aux documents comptables et administratifs du FRIVAO. Les conclusions de cette mission pourraient déboucher sur des recommandations ou des auditions complémentaires.
En attendant, l’opacité persistante sur les montants disponibles alimente les interrogations. Le rapport transmis par Mgr Mwarabu à l’Assemblée nationale, s’il est confirmé, pourrait constituer une première base de travail pour les parlementaires. La publication de ce document reste une demande récurrente des acteurs impliqués dans le suivi du fonds.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
