La cohabitation entre les Volontaires pour la défense (VDP) et la population civile du groupement Waloa-Uroba, dans le secteur de Wanianga (territoire de Walikale, Nord-Kivu), a franchi un cap décisif ce dimanche 7 juin 2026. Un accord de paix a été scellé à Ntoto, à l’issue d’un dialogue de trois jours, mettant fin à une période de tensions dont les répercussions économiques commençaient à peser sur les ménages.
Un dialogue pour désamorcer une crise locale
Organisé par le conseil territorial de la jeunesse de Walikale avec l’appui de la MONUSCO, ce dialogue social a réuni les autorités politico-administratives, les leaders des VDP – notamment le groupe Uhuru du général autoproclamé Mashite –, les délégués de la 34ᵉ région militaire et les différentes couches de la population. L’objectif était clair : rétablir la paix, promouvoir le vivre-ensemble et renforcer la cohésion sociale. Selon Bams Bayomba Mishiki, coordonnateur de l’organisation Groupe d’action pour la protection de l’enfance (GAPE), une mésentente persistante opposait civils et combattants Wazalendo. « Grâce à ces assises, les deux parties se sont demandé pardon et la page est tournée », a-t-il expliqué.
Les conséquences économiques d’un conflit latent
Si les détails du différend n’ont pas été rendus publics, les tensions entre groupes armés et populations locales entravent généralement les activités agricoles, les échanges commerciaux et l’accès aux services de base. Dans une zone rurale comme Waloa-Uroba, où l’économie repose sur l’agriculture vivrière et le petit commerce, la méfiance et l’insécurité peuvent rapidement paralyser les circuits d’approvisionnement. Les ménages subissent alors une double peine : la raréfaction des produits sur les marchés locaux et la hausse des prix qui en découle. Le dialogue de Ntoto apparaît donc comme un levier pour stabiliser le tissu économique local.
Un rapprochement entre FARDC et Wazalendo
Les organisateurs soulignent un autre acquis : le rapprochement entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les groupes Wazalendo. Cette dynamique pourrait faciliter la sécurisation des axes de circulation, condition indispensable à la reprise des échanges. Les participants se sont engagés à « parler d’une même voix » pour contribuer au développement de leur entité. Concrètement, cela pourrait se traduire par une meilleure collaboration pour protéger les récoltes, sécuriser les marchés hebdomadaires ou réhabiliter des infrastructures légères.
Un pari sur la stabilité pour relancer l’activité
L’accord de Ntoto reste fragile et dépendra de sa mise en œuvre effective. Mais il envoie un signal positif aux acteurs économiques locaux : la possibilité de circuler, de cultiver et de commercer sans crainte. Pour les ménages, c’est l’espoir de retrouver un revenu stable et un accès régulier aux denrées de base. La MONUSCO, en appuyant ce type d’initiative, mise sur la paix comme préalable à toute relance durable. Reste à transformer cet engagement en actes concrets, sous le regard attentif d’une population qui aspire à sortir du cycle des conflits pour bâtir une économie locale résiliente.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
