Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a fermement condamné l’attaque meurtrière perpétrée dans la nuit du 30 au 31 mai 2026 contre un campement de la communauté autochtone Mbuti, au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori à Beni (Nord-Kivu). Selon le communiqué publié le 4 juin, cette incursion attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF) a coûté la vie à au moins sept civils, dont six membres de la communauté Mbuti, parmi lesquels figurait une femme. Le comédien et artiste Shukrani Nzanzu Mangese, tué aux côtés de plusieurs membres de sa famille, fait également partie des victimes. Des informations font état de plusieurs personnes portées disparues.
Un bilan humain qui s’alourdit dans la région
Le BCNUDH dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Depuis le début de l’année 2026, plus de 300 civils ont été sommairement exécutés lors d’attaques attribuées aux ADF. La récente flambée de violence a été particulièrement meurtrière : en l’espace de trois jours, une quarantaine de personnes ont péri dans la ville de Beni et les localités voisines de Vemba, Kinyamusehe et Mbau. D’autres sources locales évoquent un bilan encore plus lourd pour la seule attaque de Ngadi, avec au moins 21 morts, incluant des exécutions à Vemba et Masulungwede.
Une vulnérabilité multidimensionnelle des peuples autochtones
Le BCNUDH alerte sur la situation critique des populations autochtones Mbuti, déjà confrontées à une insécurité persistante. « Cette nouvelle attaque s’inscrit dans un contexte persistant d’insécurité et d’exactions ciblées dans le territoire de Beni, ce qui accentue la vulnérabilité multidimensionnelle des peuples autochtones, déjà confrontés à des déplacements forcés hors de leurs terres ancestrales, leur milieu de vie naturel, ainsi qu’à un accès limité à l’assistance humanitaire », précise le communiqué. L’agence onusienne souligne que ces communautés subissent de plein fouet les déplacements forcés et la perte de leurs terres ancestrales, aggravant leur précarité.
L’ONU exige des enquêtes et un renforcement de la protection
Face à ce drame, le BCNUDH demande l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin d’identifier formellement les auteurs de cette attaque et de les traduire en justice. L’organisation appelle également les autorités judiciaires et militaires à un sursaut immédiat pour traquer les responsables de ces crimes et renforcer la protection des populations civiles. Un déploiement d’assistance humanitaire urgente est réclamé pour les survivants. La situation sécuritaire reste préoccupante dans la région de Beni, où les ADF ont multiplié les incursions meurtrières ces derniers jours.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: Actualite.cd, radiookapi.net
