La 85ᵉ session de l’Union Parlementaire Africaine (UPA), ouverte ce mercredi 3 juin à Dakar sous la présidence de Jean-Michel Sama Lukonde, met au cœur des débats un enjeu économique majeur : l’accélération de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Pour les ménages et les entreprises africaines, cette intégration commerciale promet de réduire les coûts des biens et de créer des emplois, mais sa mise en œuvre bute sur des législations nationales disparates.
Arrivé la veille dans la capitale sénégalaise, le président du Sénat congolais, qui dirige l’UPA depuis novembre 2025, a été accueilli par la deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale du Sénégal, Mbéne Faye, en présence de l’ambassadeur de RDC, Christophe Muzungu. Il conduit une délégation de parlementaires et de collaborateurs, avec un agenda centré sur le rôle des Parlements dans la consolidation de la paix et l’intégration régionale.
La ZLECAf, un marché unique encore entravé
La Zone de libre-échange continentale africaine vise à créer un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs, en supprimant progressivement les droits de douane sur 90 % des produits. Concrètement, cela signifie qu’un commerçant congolais pourrait exporter ses marchandises au Nigeria sans payer de taxes supplémentaires, rendant ses prix plus compétitifs. Mais pour y parvenir, les États doivent harmoniser leurs lois commerciales, une tâche qui incombe en partie aux Parlements.
Les travaux de Dakar prévoient justement d’examiner les mécanismes législatifs capables d’accélérer cette harmonisation. L’enjeu est de taille : selon les estimations, la ZLECAf pourrait sortir 30 millions d’Africains de l’extrême pauvreté d’ici 2035, mais seulement si les barrières non tarifaires, comme les normes techniques ou les procédures douanières, sont levées.
Le budget 2026-2027, un levier pour l’intégration
L’adoption du budget 2026-2027 de l’UPA, également à l’ordre du jour, sera scrutée de près. Ce budget doit financer des programmes de renforcement des capacités des parlementaires, notamment pour les aider à voter des lois alignées sur les objectifs de la ZLECAf. Pour les citoyens, cela pourrait se traduire par des produits importés moins chers et une plus grande variété sur les marchés locaux.
Jean-Michel Sama Lukonde devrait insister sur la nécessité de soutenir les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui fait de l’intégration économique un pilier du développement. Son appel à renforcer la démocratie et la bonne gouvernance vise aussi à rassurer les investisseurs, condition essentielle pour que le libre-échange profite réellement aux populations.
La RDC, un acteur clé de la diplomatie parlementaire
Pour la République démocratique du Congo, cette session est une occasion de peser sur les décisions continentales. En tant que président en exercice de l’UPA, Sama Lukonde peut orienter les débats vers les priorités de son pays, comme la prévention des conflits, qui reste un frein majeur au commerce dans la région des Grands Lacs.
Les parlementaires congolais présents, Babanga Mpotiyolo Anicet, Tshibanda Kadiediem Herbert et Inagossi Geneviève, participent à ces réflexions qui auront des répercussions concrètes sur la vie quotidienne : un cadre législatif harmonisé faciliterait par exemple l’importation de médicaments ou de matériaux de construction, réduisant les pénuries et les prix.
En définitive, les décisions prises à Dakar pourraient accélérer une intégration économique longtemps restée théorique. Pour les ménages africains, l’enjeu est simple : payer moins cher pour des produits essentiels, grâce à des Parlements qui légifèrent de manière coordonnée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
