Le 1er juin dernier, dans la capitale congolaise, 306 agents et cadres de l’Inspection générale des finances (IGF) ont reçu leurs brevets à l’issue d’une session de formation intensive. Organisée conjointement par l’École nationale d’administration (ENA) et l’École nationale des finances (ENF), cette session a porté sur des thématiques cruciales : la gouvernance financière, le contrôle des finances publiques, la gestion administrative et l’éthique professionnelle. La cérémonie, empreinte de solennité, a marqué une étape clé dans le renforcement des capacités des inspecteurs des finances, appelés à jouer un rôle central dans la protection des deniers publics.
Cette formation s’inscrit dans une politique gouvernementale plus large visant à moderniser l’administration publique et à consolider la bonne gouvernance financière. Comme l’a souligné le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, il s’agit de doter les agents de l’État des outils nécessaires pour assurer une gestion transparente et responsable des ressources publiques. « Cette initiative reflète l’engagement du gouvernement à améliorer la qualité des services publics et à lutter contre la mauvaise gestion », a-t-il déclaré, exhortant les récipiendaires à mettre leurs nouvelles compétences au service de l’État et des citoyens.
Les modules abordés étaient directement liés aux défis quotidiens des inspecteurs des finances. Par exemple, le volet sur le contrôle des finances publiques a permis aux participants d’apprendre à auditer efficacement les dépenses des ministères, en identifiant les irrégularités potentielles. De même, la formation sur l’éthique professionnelle a mis l’accent sur l’importance de l’intégrité et de la redevabilité, avec des cas pratiques illustrant les conséquences de la corruption sur les services de base, comme la santé ou l’éducation. Ces exemples concrets ont rendu les enjeux plus tangibles pour les apprenants.
Tombola Moke, directeur général de l’ENA, a insisté sur la nécessité d’adapter les compétences des agents aux exigences croissantes de transparence. « Aujourd’hui, les citoyens demandent des comptes, et les partenaires internationaux scrutent notre gestion. Nos inspecteurs doivent être capables de produire des rapports fiables et de détecter les failles dans les circuits financiers », a-t-il expliqué. Cette mise à niveau technique répond aussi à un besoin de professionnalisation, alors que l’IGF est de plus en plus sollicitée pour contrôler les projets de développement et les marchés publics.
Pour les bénéficiaires, la formation a représenté une véritable montée en puissance. Tundula Ali Enoch, qui s’exprimait au nom de ses collègues, a témoigné : « Nous sortons de cette formation avec des méthodes de travail améliorées et une meilleure compréhension des mécanismes de contrôle. Cela renforcera notre efficacité sur le terrain et notre contribution à la protection des fonds publics. » Ces propos illustrent l’impact attendu sur le terrain : des audits plus rigoureux, des recommandations plus pertinentes et, in fine, une utilisation plus rationnelle des ressources de l’État.
L’initiative intervient dans un contexte où la transparence est plus que jamais une priorité. Les scandales de détournement et les pertes de recettes publiques ont souvent ébranlé la confiance des citoyens. En formant des inspecteurs capables de décrypter les montages financiers complexes et de résister aux pressions, le gouvernement espère restaurer cette confiance. L’IGF, en tant qu’organe de contrôle par excellence, se retrouve ainsi au cœur de la stratégie de lutte contre la mauvaise gestion.
Au-delà de la remise des brevets, cette session pose les jalons d’une administration publique plus professionnelle. Les organisateurs projettent d’étendre ce type de formation à d’autres institutions, sur le modèle de l’ENA et de l’ENF, reconnues pour leur pédagogie alliant théorie et pratique. L’objectif est de créer une masse critique de fonctionnaires outillés pour promouvoir la bonne gouvernance, avec un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’appareil étatique. En définitive, ces 306 nouveaux brevets ne sont pas qu’un symbole : ils représentent un investissement concret dans l’avenir des finances publiques congolaises.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
