Un double vernissage a réuni, samedi 18 juillet 2026 à Kinshasa, les professeurs Jean Kambayi Bwatshia et Modeste Bahati Lukwebo. Les deux auteurs ont choisi de présenter mutuellement leurs ouvrages, rompant avec la tradition qui confie cette tâche à une personnalité politique ou religieuse. Cette démarche souligne une volonté de recentrer le débat sur le contenu intellectuel plutôt que sur le prestige des intervenants.
Une présentation croisée pour valoriser le fond
Le professeur émérite Kambayi Bwatshia a présenté « Faillite de la Raison et Raisons de la faillite dans l’obscurantisme de l’aujourd’hui », tandis que Modeste Bahati Lukwebo a dévoilé « Fondamentaux des assurances et banque ». L’événement, organisé avec le Centre de recherche sur l’histoire des mentalités et l’anthropologie juridique « Eugemonia » et la Fondation Nicole Bwatshia (FONIB), a mis en lumière la corrélation entre philosophie et économie. Selon les auteurs, un changement de mentalité est indispensable pour réussir dans tous les secteurs, y compris celui des assurances et de la banque.
La faillite de l’élite congolaise selon Kambayi Bwatshia
Dans son analyse, le professeur Kambayi Bwatshia a dressé un constat sévère : l’élite congolaise est en faillite car elle se tourne excessivement vers l’extérieur, négligeant la consommation locale et les valeurs culturelles du pays. Il a souligné que « les gens ont tendance à croire que ceux qui viennent de l’Occident ont toujours raison. Vous oubliez que c’est la raison occidentale qui a esclavagisé les uns et les autres ». Cet ouvrage invite à une réflexion sur l’obscurantisme contemporain et la nécessité de se réapproprier une pensée autonome.
Le rôle des assurances dans l’économie nationale
L’ouvrage de Modeste Bahati Lukwebo, long de 262 pages, explique comment les compagnies d’assurance peuvent contribuer au développement économique. Il met l’accent sur l’inversion du cycle de production : contrairement à une entreprise classique, les assureurs perçoivent les primes avant la survenance d’un sinistre. « Les compagnies d’assurance collectent des primes et ont l’obligation de constituer des provisions parce qu’on ne sait pas à quel moment peut se produire un sinistre. Le fait de constituer des provisions fait donc une manne importante. Des fonds qui sont logés dans des banques et qui constituent une épargne à mettre à la disposition de l’économie nationale », a-t-il indiqué. Ce mécanisme permet de mobiliser l’épargne et de transformer les dépôts en ressources pour l’investissement.
Un vade-mecum pour le système financier congolais
« Fondamentaux des assurances et banque » se veut un guide technique sur les mutations du système financier congolais, marqué par la libéralisation des assurances depuis 2015 et le durcissement des normes prudentielles bancaires. L’auteur y détaille les fondamentaux du secteur, offrant ainsi un outil pratique pour les professionnels et les étudiants. La cérémonie a rassemblé de nombreux membres de l’intelligentsia congolaise, des professeurs d’université, ainsi que des ministres, députés nationaux et sénateurs, témoignant de l’intérêt porté à ces réflexions croisées entre philosophie et économie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
